Les Inédits de Saga entre deux tomes

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Les Inédits de Saga entre deux tomes

Message  philbaetz le Mar 28 Fév - 21:18

Histoire II Correspondance et mise au point.
Je vous avais déjà publié L'enfer en Floride suite à Berezina. Ce sont un chapelet de petites histoires qui feront le trait d'union avec le troisième tome du roman. Mais il y aura aussi des histoires hors chronologie concernant notamment Paul Wurtz du temps où il courrait en F5000 et en Can Am en Tasmanie. 70-13. Et ce sera publié ici. Bonne lecture!

Salut mes filles,

Philippe est parti depuis une semaine maintenant. Il m’a laissé à Miami alors que je comptais profiter de ces dix jours en Europe pour venir vous voir au manoir. Il a invoqué être encore limite financièrement pour que nous prenions l’avion tous les deux cette fois là. J’ai revu mes parents lors de notre précédent séjour. L’ambiance n’était pas au beau fixe. Il y a une cassure. Que ce soit niveau mœurs ou niveau étude. Bon ! Ils m’ont assuré que je resterai leur fifille. Je ne me sens pas à ma place. Ils ne me reconnaissent pas dans ma façon d’être actuelle. Normal ! Même si je limite l’impact sexy de mes tenues. Faut dire que je n’ai plus rien de mes anciennes fringues, Phil ne me laissant pas trop d’argent pour ça. Mais ils ont eu et, ont encore très peur. Je leur ai fais du mal. A tout point de vue. Mais ma vie continue. Du moins j’espère. Philippe m’inquiète ! Bien qu’agréable, je l’ai senti anormalement tendu à notre retour d’Europe. Peut-être y avait-il des choses dont il voulait me tenir écartée. Est-ce pour cela que je reste en Carafe ? Bien qu’imaginant vouloir en profiter niveau mec pour me venger, c’est tout le contraire qui se passe. Je reste dans ma carapace. Je me sens vulnérable. C’est vrai que Miami n’est pas qu’une belle ville balnéaire pour milliardaire. C’est coupe gorge également. Comme de ce côté, j’ai déjà donné…
Et puis, il y a autre chose. Le souvenir de cette fille morte à ma place ou pire, morte pour moi me hante. J’ai envie de savoir qui elle était. Quelle était son histoire avant de finir aussi atrocement dans cette saloperie de baraque. J’en fais des cauchemars. Je voudrai la venger de sa mort ainsi que du mal qu’ils ont cherché et, qu’ils ont fait à Phil. J’ai vu son appart. Beyrouth à côté est un palace. La répulsion nous est venue de concert. Mais je n’ai plus aucune nouvelle de lui depuis son départ pour l’Europe. Je n’ai pas l’impression que ça s’est bien déroulé à Silverstone. Ici, il est au sommet de son art. Je sais qu’il regrette de ne pas y consacrer toute sa saison, au profit de la F3000 et des sports prototype. Cela dit, j’ai peur qu’il me dise que c’est fini entre nous. Je ne sais pas si c’est Inès qu’il voit là bas en secret ou une autre. Je ne sais pas si il veut me punir pour mes écarts. Mais je n’en peu plus. Je vais l’attendre Lundi prochain au soir dans une énorme angoisse.

Pourtant, ce qu’il fait me plait de plus en plus. Depuis que j’ai pu rouler à ses côtés à Miami, j’embraye vraiment niveau passion. C’est motivant. Il veut lui aussi que je me trouve dans mes qualités. Il m’a payé un super Nikon d’occasion. Et j’apprends à m’en servir. Autant pour son suivi presse que pour l’art du cliché lui-même. J’adore ! Alors, ce serait trop bête qu’on s’arrête.
On va se trouver sur bien plus de domaines qu’à notre rencontre, y compris Zolder. Je l’aime. Je sens qu’il veut me valoriser. Je sais que ça va être compliqué tant à cause de mon tempérament que du sien.
Mais j’ai hâte de vous revoir mes puces. Comment va le petit Maxou ? Et vos parents à vous ? Je n’ai même pas eu l’occasion de connaître les siens lors de notre passage chez lui. Encore six jours à l’attendre. Je m’habille comme une nonne afin de ne pas tenter et être tentée. Mais dès qu’il reviendra, je lui remets le grand jeu. J’ai besoin d’oublier dans ses bras et la luxure toutes nos angoisses communes. J’espère pour lui que ça se passera bien à Monza. Il m’a dit qu’il avait déjà gagné une grande course sur ce circuit. J’espère surtout que je reste présente dans son cœur. Je vous aime les filles. Vous me manquez. Bisous et… la tête de Maxou entre mes bobs
!


Inès,
Je profite de ce vol qui me ramène vers Miami, pour enfin te consacrer l’entièreté de mes pensée.
Inès :Rhôôôô penséeS même si tu ne penses pas beaucoup !
La première de celles-ci est que j’ai encore intacte cette sensation d’oiseau tombé du nid. … Avant que tu me prennes au creux des tes mains, le temps de reprendre des forces. J’ai l’impression que tu es venue au bout du monde pour me sauver. Gentil !

J’ai perçu en toi, ce sentiment d’extrême tendresse, d’extrême désir, d’extrême réconfort, une force. Tous ces flashs de nos premières rencontres venus lors de nos retrouvailles intimes, m’ont inondé de douceurs et d’émotions. Et puis ce que tu es en dehors de nos échanges. Ton métier, ta passion. Tu nous as dirigé dans nos travaux de reportage avec un tel feeling !? On se sentait portés par toi. On ne pouvait que foncer plein d’enthousiasme. Le résultat est à la hauteur. J’ai lu le magazine. J’ai un peu rougi en me voyant sous pareil profil. J’avais l’impression de sur jouer. Mes parents sont un peu contrariés pas ces images. Pas tellement le presque nu. Mais le changement de statut de ma personne dont on force peut-être la notoriété. Un p’ti vertige pour eux. Je peux d’autant moins leur en vouloir. Car je le ressens moi aussi. Mais quelle dimension tu as pris par ton écriture et ta maîtrise. Fhooooow ! Merci !
Il est clair que c’est moi le fan, le ‘’groupie’’ et non le contraire. T’es chou mon P’ti prince !
Au sujet des photos, Audrey propose de s’en occuper pour le numéro spécial de Totality. Je lui ai acheté un super Nikon d’occasion sur les conseils d’un ami photographe vu en coup de vent lors de mon passage à Nivelles. J’en ai profité pour lui fournir le matériel, trépied, zoom et deux téléobjectifs en plus de son grand angle.
Avant de quitter Bruxelles, je suis allé dans ta résidence à Uccle. Juste le temps de lécher l’étiquette avec ton nom sur ta boite à lettre. Je t’aime. ‘’…………..h !’’
‘’Mais aussi moins drôle visiter mon appartement transformé en Beyrouth à Noël dernier. Resté tel quel, je n’ai même pas le temps de vider les débris
Tu l’as sans doute appris, le succès me souris également en Europe.
T’es un champion ! Un vrai !
Mais bon sang que cela aura été dur. Soyons réalistes ! Ce sport à ce niveau, c’est une guerre en temps de paix. Le doute s’est plus d’une fois imprégné de moi.
En Moi ! Hôôô !
Ce circuit est si rapide, si périlleux. Ses parties lentes, en dehors des deux chicanes se prennent au minimum en quatrième. La moyenne au tour y est phénoménale. J’aurai tant eu besoin que tu me persuades que j’en avais la dimension. Ce fut si dur. Combien de fois me suis-je dis : ‘’ Mais qu’est-ce qui t’as pris d’aller te mesurer à des gars pareils ?’’
Moi je sais !
Là, contrairement au Mans, nous étions roues dans roues, dans un mouchoir. Imagine ce que c’est d’être à 340Km/H et, de sortir de la trajectoire idéale. Tout ça pour dépasser un pilote légendaire qui lui l’occupe cette trajectoire. Freiner plus tard que lui, au risque de me vautrer corps et biens à 280, au moins une fois par tour pendant près d’une heure au début. Parce qu’il me re-dépassait ensuite plus loin l’animal.
L’intensité outrancière de ce moment, et cette violence auto administrée de se mettre dans pareil contexte durant les deux heures pleines d’un triple relais, (trois pleins d’essence), m’ont fait douter d’y être légitime. L’effort et le saisissement permanant, ainsi que la raison me poussant à garder la tête froide furent un exercice mettant mon organisme dans le rouge. ‘’Essaye un tour de plus ! » Que je me disais ‘’Et encore et encore’’….infernal !. Je n’ai pourtant jamais été aussi physiquement préparé qu’à présent. Je confirme mon lapin !
Et encore, ce circuit n’est pas trop physique. Imagine la même chose à Brands Hatch ! Délestages, montées, descentes, compression, freinages forts, courbes rapides. Comment je ferai avec de telles voitures ? Tout me sautait tellement à la gorge. J’en avais l’estomac douloureux, comme lors d’un coup de poing mal placé. J’ai une voiture excellente. La meilleure je pense. Et je voulais vraiment le démontrer, suite à mes expériences avec celle-ci, fin de saison dernière. J’ai vu ce que ça représentait en engagement physique et mental. Mais ce fut également une sensation de maîtrise proche de la jouissance.
Cette capacité, à transcender et à catalyser le meilleur de cette voiture si puissante, si enivrante, et de soi-même, est quelque chose qui ne m’était encore jamais arrivé à un tel niveau. Comment faire pour tenir ce choc durant les dix à quinze années d’une carrière. J’espère que j’aurai la réponse. Car là, j’ai tout donné !

Mes adversaires comme moi-même avons d’ailleurs été mutuellement bluffés par la performance intrinsèque de nos autos.
Intrinsèque !? Tu progresses en vocabulaire mon chou !
Je ne pensais pas qu’ils seraient aussi performants. Et eux pareil pour la Galhaër. Ce sont les pneus qui furent déterminant. Au début, les miens ne chauffaient pas assez. Mais dès le deuxième plein, et fin du premier, ça commençait à le faire. Du coup je lâchais les Porsche aux pneus moins performants et recollait à la Sora dont les siens furent plus performants au début mais moins endurants.
J’ai été soulagé de me rendre compte que je roulais plus vite qu’Häller, mon patron d’équipier, en conditions identiques. En reprenant le volant en fin de course, ils m’ont monté des gommes plus tendres…. Et plus performantes vu qu’il ne me restait que moins de deux cent kilomètres à parcourir. Nous embarquâmes moins d’essence par plein restant comme on devait forcément repasser à la pompe. Ce qui soulagea d’autant la voiture. Et comme la Sora dut y repasser également, je franchi la ligne en tête à bout de force physique comme mentale. Te rend-tu compte que je suis en tête d’un championnat du monde. Et qu’en plus, je suis en tête du championnat du monde bis qu’est l’IMSA, le championnat Américain d’endurance.

Cela contraste avec la F3000 qui ne marche pas. Du moins la mienne. Je suis décidément très mal installé dans la voiture. Gêné pour les changements de vitesse, le genou droit, tapant dans la tringlerie de commande de boite et le renfort de coque, douloureux après seulement dix tours. Et ce moteur qui ne veut pas tourner plus de toute façon, sans me faire des caprices dus aux vibrations. Du coup la mise au point en prend un sacré coup dans l’aile. J’ai loupé la première course à Silverstone. Je suis sorti au troisième tour en essayant de résister au dépassement d’un adversaire. Pathétique ! Je n’étais alors que 21ième. J’ai envie de dénoncer mon contrat. Mais ça me coûterait trop cher. Et surtout toute l’usine à gaz mise sur pieds pour Totality avec Anne concernant un mag annuel sur ma saison tomberait à l’eau. Et puis Boëm’s qui m’a permis de rouler en endurance. Il me voulait dans cette équipe.

Mais en plus, il y a Jorg Van Doeren. Celui qui est responsable des avatars dramatiques d’Audrey l’an dernier. C’est mon équipier. Lui par contre est très bien dans l’auto. Ça me troue le cul ! Je lui avais cassé la gueule à Zolder lors de ma séparation d’avec Audrey que je voulais retarder…empêcher ! Le week-end suivant, en jouant au plus malin avec moi, il s’est envoyé dans les décors au Nürburgring. Il est allé à l’hôpital. Et, suite aux analyses sanguines positives aux amphétamine et cannabis, il y a laissé sa licence pour six mois. Elle parti donc avec ‘’ça’’. Avant de se retrouver, via les camarades de jeu du gars Jorg, dans les sales draps que tu sais.
Je n’ai pas encore dis à Audrey que je courrai avec lui. C’est pour ça que je l’ai laissée à Miami au soir d’Atlanta.
Oh fais chi.. avec tes histoires !

Je ne peux pas gérer actuellement cette situation de conflit qui va en résulter. J’ai assez déjà de soucis avec cette voiture. En plus, il court également sur l’autre Galhaër du team Häller. Celle qui sert en fait aux essais en vue du Mans. Ils roulent en course afin de roder et tester tout les éléments qui y composeront les deux voitures. Bon ils sont payés pareil. Mais ils ne jouent pas la victoire avec Carpini.
Giorgio est lui aussi un sacré queutard. Je crois qu’elle succombera à ce Bellâtre Lombard. (je parle de sa région et non d’un de tes cousins éloignés [sic Inès Lombard])
Pfffff ! Idiot !
Moments tendus, au sens propre comme au sens figuré, en perspectives.
J’te plains pas mon con !
Je suis déçu de savoir par avance que nous ne pourrons nous voir durant ma course de Los Angeles.
Et moi dont !
J’aurai eu tant besoin de me rassurer de ta réalité. D’en dissiper l’idée que tu n’étais qu’un rêve. J’aurai tant aimé t’avoir comme guide pour découvrir cette belle région. Je crois que je vais mieux aimer la Californie. Même si à présent, j’apprécie mieux Miami. Grâce à toi.
Mignon !
Mais aussi un peu à son histoire. Contrairement à l’Europe, les Américains semblent peu se préoccuper des racines d’un endroit. Hors Miami a été sous un autre nom, un lieu de coexistence depuis deux mille ans. C’est un historien qui m’en a parlé dans l’avion m’amenant à Silverstone. Sans parler de ces quartiers comme Little Havanna.

Sera tu en Europe les deux premières semaines d’Août ?
Faut que je voie.
.Aime tu la voiles ?
Ouaiiis !
J’ai un 470 dont j’aimerai partager la barre avec toi.
Chouette, moi j’ai eu un 420 !
J’adore comme toi la Bretagne. Toi c’est vers la Baule, le Croisic. J’y avais vu ta cousine Carole. Moi, c’est Quiberon.
Je t’aime tellement Inès. Je t’aime ! C’est une évidence. Mon corps et mon cœur sont faits pour toi.
Ouais mais tu baises l’autre !
Même si nos situations sont compliquées.
Ben tiens !
L’amour est vrai !
J’aime quand suite à nos étreintes, tes parfums de guerre laissent place à tes vrais senteurs, l’odeur de ta peau telle que, sans artifice, de tes cheveux, le souffle tiède de tes petites narines sur mes joues. Tout ça me transporte dans un pays où l’adversité, l’agressivité, la mesquinerie n’existent pas. Ça ressemble à la sensation de bonheur si longtemps cherché et enfin trouvé. Et, le temps s’arrête.
Je pense à toi tout le temps. Je n’aime pas seulement tes qualités.
Mais tes défauts également. Tes petites piques ironiques et subtiles ont quelque chose pour moi de réconfortant.
Ben accroche toi alors !
Car elles ne peuvent venir que de toi. J’aime ! Même le temps interminable que tu passes au cabinet.
Pffffft ! Salaud !
Tu m’étonnes que l’on ne se voie pas beaucoup !?
Maliiin hein ?!
Tout comme j’espère que tu aimes la transpiration de mes aisselles….
Pffft ! Qu’il est k’hoon !
Bon ! Je poste cette lettre dès que j’atteins l’aéroport de Miami. Si tu penses que l’on peut se croiser un de ces quatre matins téléphone moi.
Je rêve que l’on se retrouve à la boum de l’Athénée. Et que l’on finisse devant une soupe à l’oignon à l’Auberge de Thines. Sans que personne ne nous contraigne cette fois dans la suite espérée.
Je te donnerai dès que possible mes points de chute où tu pourras au moins me laisser des consignes ? Des messages ? Des compliments ? De l’argent ?! Ce que tu veux allez ! Lâche toi mon p’ti ! Tu me manques !
Toi aussi ! Fais ch… !


Salut Bécassine,
On espère que notre poulet est bien revenu d’Europe. Et, que maintenant, vous produisez suffisamment de buée dans les ascenseurs pour les mettre en panne. Finalement, tu vois, il n’est pas allé en Italie pour des prunes. Fabuleuse victoire. Mais ça se voyait à la télé qu’il était complètement claqué. Au contraire de sa victoire à Daytona. Nous l’avions vu à la télé dans l’émission Auto Moto. Trop mignon à commenter sa victoire. Ma pouffe de belle soeurette en avait profité pour mouiller mon canapé. Elle me tance à te proposer de le lui prêter. En échange, elle te filera les coordonnées de Rémy, un infirmier bien monté. J’ai testé pour ma part. Endurant le gars ! Mais qu’est-ce qu’il transpire ! Là, elle tente une approche pour un cinq à sept avec un chef de service marié mais très ‘’désorienté’’ quand il croise une jupette.
Merci de nous avoir transmis le calendrier avec vos déplacements présumés. Ce serait vraiment bien que vous rappliquiez lors de votre passage entre Hockenheim et Pau. On se trouve à peu près sur la trajectoire. Deux petites journées ne seraient pas de trop. Nous voudrions venir le voir courir la semaine du Mans.
On ne serait que toutes les deux. Pourrai-tu organiser une possibilité pour être avec vous sur le circuit et les stands ? Ce serait chou de votre part. Oh Emmi te prie d’attendre la majorité de Maxou pour lui faire connaître les plaisirs de sa ‘’chaire’’ Tata Audrey. Mes parents vont bien. Mais malheureusement, mon Oncle est mal parti pour terminer l’année avec nous. C’est minant de s’attendre au pire en ne sachant pas quand ça arrivera. Le manoir se porte au mieux et ma dernière année se passe mieux que prévu. Mon passage à vide en début d’année, à cause de notre poulet, n’aura pas de conséquence. Ce sera diplômée, que je vous verrai au Mans. Et, il est probable qu’Emmi le sera aussi ou pas loin. Je suis très sereine à présent.



Mon P’ti Prince,

J’ai rêvé hier que tu m’enrobais de ton chocolat fondant. Nous ne nous sommes plus revus depuis Atlanta. Tu me manques. C’est atroce. Il va falloir faire quelque chose. J’ai reçue ta lettre juste avant d’embarquer pour Bruxelles via Dublin et Londres. Je me suis empressée de te renvoyer ton baisé sur mon étiquette de boite à lettre. La sensation fut absolument abominable. Car pauvre pomme, le service nettoyage avait pris soin d’effacer ton passage buccal. Et, à la place ce fut du bref vitre absolument dégueulasse. Toi et tes plans à dix balles…..

Pffffffft !

Maintenant, je comprends que tu aies des relations avec d’autre filles ou femmes. Mais ne me demande pas de partager tes petites misères quand ça tourne au vinaigre. Physiquement, je ne suis pas de taille à lutter contre Audrey. Mais elle te fait tutoyer les anges comme les démons. Tu souffriras avec elle.

Ouais ! Tu dis chaque fois la même chose dès qu’il y a de la concurrence. Stella, Carole etc… Jalouse va !
Si ça te chante, alors tu gères.
Moi, je t’aime depuis le premier jour où je t’ai vu. Rappelle toi à Francorchamps. Mais déjà à ce moment, tu n’étais qu’une girouette à cul avec Stella, puis ma cousine Carole. Et moi, trop couillonne pour oser te faire connaître mes sentiments, je subissais. Tiens ?! Carole ! Si tu pouvais, au cas où ça se présentait, éviter de l’escalader de nouveau celle-là?! Ça m’arrangerait.
Maintenant, je tiens à marquer mon territoire. Je tiens à toi.
Tu as retrouvé ta condition de coquelet ergotant ?
OK ! Profite de la vie.
Moi, j’ai sans doute moins de tempérament mais j’en ai. J’espère que tu t’en es rendu compte. Et, je ne suis pas insensible aux hommes qui me chargent. Mais j’ai très envies que des choses se passent avec toi. Faisons le point cet été. Si tu aimes tant Quiberon, passons y une dizaine de jours seuls toi et moi. Mais si tu tiens trop à avoir Audrey à proximité, alors, rejoins là définitivement et oublions ce projet ainsi que nos sentiments.
Sinon pour la photo, tu me dis qu’Audrey aimerait bien apporter son concours. Mais Totality aime à faire confiance à des photographes renommés. Cela n’empêchera pas que nous étudierons ses clichés proposés. Ceux pris avec un trépied à Atlanta dans les stands son bons. Mais pour le reste, qu’elle prenne des conseils. Ce n’est pas évident de faire rentrer la lumière avec l’émotion. Autrement, fais toi relire par quelqu’un de confiance si tu publies des chroniques sur Totality. Car les fautes de Français, ça passe très mal dans notre rédaction. Ta bombasse devrait pouvoir t’aider. A mon avis, elle maîtrise le Français et son vocabulaire... Quand elle oublie un peu son cul.

J’ai pu grâce à de la doc fournie par Anne, suivre les péripéties de ta carrière depuis ces quatre années. Respect. Pas facile dans un tel contexte. Désolé que mon cousin t’aie un peu lâché. Mais bon, tu lui as bien démonté l’arrière train, à Jasmine, sa fiancée. En plus, tu sais aussi rendre les coups. Comme me l’a raconté Anne. Derrière ta petite mine gentillette, il y a bien le fauve que j’ai vu rugir lors des courses de Miami et d’Atlanta. Belle deuxième place que tu es allé arracher. Ce qui relativise ta légèreté affective. Cela dit, te connaissant, cette quatrième place à Los Angeles doit être ressentie comme un échec. Tu payais peut-être là ton implication outrancière de Monza.
Tu cours beaucoup. Et pas que sur les pistes. Je veux bien croire que tu puisses aimer sincèrement plusieurs femmes. Mais je ne crois pas que je serai partageuse. Tu as en tout cas l’honnêteté de ne rien cacher. Ne te moque pas de moi. Je suis plus sensible que tu ne le crois. Mon côté poison est plus une protection qu’une arme.
Fais attention à toi. Sur la piste comme dans la vie de tous les jours. Audrey met le feu partout où elle va. Ça peut déclancher de sales bagarres. A Miami aussi, il y a des hordes mal famées. La pègre la prostitution et plein de salauds qui prennent leur désirs pour des réalités. Parce qu’ils ont ce qu’ils veulent et les arguments pour l’obtenir. Armes, hommes de main, argent. Ne vous exposez pas trop. Evite de la laisser seule là bas.
Je suis très fière de toi, d’être avec toi. Alors ne va pas faire de complexe ou autres petites aigreurs. Vis pleinement, sans arrières pensées. Tu peux être fier de ce que tu es.


Je vais te laisser. Car l’envie de dormir me gagne. Je vais rêver de toi me faisant l’amour dans les toilettes du Boeing me transportant. Je me vois t’expliquer que j’aime autant l’avant et l’après, que le pendant. Et je vais te sentir, me frottant très fort de ta masculinité sur mes codes de désirs. Avant de t’introduire, j’aurai déjà jouis. Mais, j’en redemanderai. Et moi aussi, j’aimerai l’odeur de ta peau, une fois le nectar de tes artifices évaporés.

Prends soin de toi, trésor de plaisir. Je t’aime. Inès ta punaise !
Sniff !
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Phil Baetz entre deux tomes inédits. II Correspondances et mises aux points

Message  philbaetz le Dim 5 Mar - 22:17

Phil Baetz entre deux tomes inédits. II Correspondances et mises aux points suite


Bruxelles 29 avril 20H00 dans une Brasserie de la Grand Place :

Suite à ma demande de rendez vous, Stephan Boëm’s avait décidé d’un dîner dans une brasserie de la capitale au lieu de me recevoir dans son hôtel particulier. Bien entendu, Audrey était de la partie. Si il y avait un endroit où je ne voulais pas la laisser seule, c’était bien ici. Et en dépit de mes sentiments grandissants pour Inès, sa place dans ma vie et dans mon cœur était plus importante que jamais. Je l’avais retrouvé à Miami quinze jours plus tôt complètement paniquée. Sa peur que je la rejette m’avait bouleversé. J’avais fini par lui expliquer toute la vérité lors de nos retrouvailles.

Phil : ‘’Ecoute mon chou. Il y a un gros problème…. Jorg est mon équipier en F3000. Je ne savais pas comment te l’annoncer. Je l’ai appris au Paul Ricard lors de nos essais de Mars. Bien entendu, j’ai une peur panique que tu le retrouves.
Audrey ferma les yeux. Son visage devint blème. Une suée la pris d’emblée. Sa bouche trembla puuis elle lâcha: ’ Pfffffff merde ! …De toute façon, vous ne pouviez que vous retrouver un de ces jours. Je ne sais pas comment je vais réagir en le voyant. Ça me stress à l’idée d’être de nouveau confrontée à lui''.
Tout ça me hante Philippe ! Je ne connais pas sa part réelle dans ce sale truc. J’ai une haine profonde pour ce que ces salauds on fait à cette fille. Et à nous à un degré moindre. Parfois je pleure toute seule en regardant la mer. Je veux la venger, nous venger. Et si tes journalistes ne veulent pas se bouger le cul, je tenterai un coup.’’
Phil :’’Et tu ferai quoi ? Hein !? Mata Hari ?…..Et comme ça ne suffisait pas, il est plus vite que moi dans la voiture. Je ne veux pas que tu le revoies. Je ne m’en remettrai pas. Il voulait me sortir de la piste après notre séparation. Il n’est plus net.
Puis, après un temps d’arrêt.
‘’Mais c’est pas tout ça. J’ai plein de problèmes sur ma voiture. Je suis toujours mal installé. Le moteur nous fait des tas d’emmerdes. Il se dérègle de partout à cause des vibrations. On avait trouvé la parade avec le proto. J’avais gagné des courses. Mais là, c’est comme au début. On n’avance pas dans la mise au point. Car tous les dix tours, il faut resserrer des ‘’boulons’’.
Bon ! Autrement…. Je te garde avec moi maintenant. Tu sais, si je n’osais pas t’appeler, c’était par peur que tu ne sois pas là. Et, que tu sois avec quelqu’un d’autre. J’en étais malade.

Audrey : ‘’Non ! J’ai pas bougé. Et toi ? T’en as profité de ton célibat ?’’
Phil :’’Hier, j’ai gagné. Ma victoire la plus belle ! La plus dure de toute ma vie ! Il faut qu’on fête ça !’’
Audrey :’Wouaaah ! Ça c’est vraiment génial. Je n’osais pas te le demander. Reste plus qu’à gagner en Californie…. !

Phil : ‘’Je ne sais pas comment je vais y arriver. J’ai tout donné. Il va d’abord falloir que je me détente. Et que je reprenne des forces.

Audrey :’’Tu ne vas pas être content. J’ai mis un bordel monstre dans l’appart de Paul. J’ai transformé l’arrière cuisine en chambre noire. Et y a plein de fouillis dans le séjour. J’apprends comme je peux. J’espère que tu as pu trouver les livres sur la photographie que je t’avais mentionné.’’
Phil : ‘’Oui, deux de ceux dont tu m’as parlé sont dans mon sac. Par contre le troisième, il faudra qu’on repasse par la FNAC de Bruxelles. Ils l’ont commandé. Il a été réédité.’’
Audrey : Tu as revu Inès ?
Phil : ‘’Non ! Pas depuis Atlanta. Mais….. Pour te dire la vérité, elle me manque comme toi. Tu sais, elle est vraiment tombée à pic. J’en menais pas large. C’est comme si elle était venue au bout du monde pour me sauver.’’
Audrey : ‘’Je sais ! Une fois de plus j’ai fais ma méchante.’’
Phil : ‘’Mais non ! Là, j’ai envie que l’on parle de nous. Où mieux ! Laissons nos corps faire ça à notre place. Tu sais, je suis fou dingue malade de toi. Je crève d’envie de te prendre bestialement. Mais pas que. J’ai envie de tendresse aussi. Et toi, t’en as pas envie parfois ?’’
Audrey : ‘’Ben là, tu vas pas être content. C’est le débardeur que tu m’as payé à Palm Beach. Les surfeurs du bas de chez nous. Ils m’ont invité à boire un coup dans leur Van cet après midi. Ils se sont déchaînés. (Ouvrant son imper sur un débardeur blanc, les déchirures découvrant ses seins à la limite du pudique, et une jupe plissée blanche très courte mal rajustée, des escarpins blancs à talon aiguille.)
Phil : ‘’Wôôôôh sssaaaalôpe ! Comme si ton corps ne suffisait pas. Faut que t’en rajoutes. Pfffft ! Je crève d’envie de te prendre là.’’
Audrey : ‘’Mais là j’en peu plus ! Ils m’ont crevée !’’
Phil incrédule : ‘’………….Ooooh. !?’’
Audrey : ‘’Mais noooon ! J’te fais marcher ! Par contre, même le chien du voisin va y avoir droit si tu ne te décides pas là tout de suite.’’
Phil : ‘’Putain! Le voisin a un chien et j'étais même pas au courant?!Tu as vu quelqu’un pendant mon absence ?’’
Audrey : ‘’Ben non ! C’était pourtant mon intention. J’t’en voulais de me laisser. Mais là, je me suis retrouvée comme une conne avec mes peurs qui me hantaient. Mes cauchemars. Alors du coup, j’ai fais la nonne. Et puis, c’est comme toi quand tu es arrivé. Envie de me cacher !’’
Phil, était un peu gêné en regard de certains moments vécus à Silverstone avec Lucy cette rousse sexy incendiaire, puis Monza avec une certaine Chloé, blonde très jeune avec une alliance, aux même mensuration qu’Audrey, à peu de choses près, que lui et Georgio Carpini s’échangèrent dans le motorhome de l’équipe Häller Watch Sport..
Il poursuivi néanmoins : ‘’ Heu…J’avoue que je t’ai exposée à la tentation. Ce n’est qu’après que j’y ai pensé. J’en étais paniqué. J’ai sans doute pris la plus mauvaise des mauvaises solutions. J’ai peur, très peur de te perdre tu sais. Et le fait d’être avec Inès ne change rien. D’ailleurs, j’ai un problème avec ça, Maryse, Inès, Emilienne ! Si j’étais avec elles de manière prolongée, elles y passeraient toutes. Ça m’énerve d’être comme ça. Serre moi très fort. Me lâche pas !
Audrey lui sautant au coup, lui collant ses seins comme elle savait si bien le faire dans un soupir : ‘’Jamais de la vie je te lâcherai ! Garde moi ! Même si je suis longue à rentrer certains soirs !’’
Rien que cette dernière déclaration décuplait la frénésie de notre tordu de service. Imaginant sans problème les élucubrations vaudevillesques de cette sulfureuse bombe sexy à souhait.

La semaine en Californie fut en tout point à l’image de cette entrée en matière.

Lorsque Philippe et Audrey entrèrent dans l’établissement, Boëm’s était déjà assis à une table en milieu de salle.
Les regards se portèrent d’emblée sur le couple. Non que Philippe eut été reconnu. Mais Audrey était encore et toujours fardée d’attirance outrancière. Une mini robe fourreau plissée pourpre, couvrait ou plutôt, découvrait son corps perché sur des talons aiguille. Chacun de ses pas occasionnait un remue ménage au niveau de son buste baladeur. De quoi déconcentrer les clients, les serveurs….voire même Stephan Boëm’s lui-même.
On pouvait par moment observer le haut de ses bas ainsi, que plus rare, l’attache de son porte jarretelle. L’endroit où ils s’étaient installés se trouvait plein champs pour tous les clients de la salle. Audrey réussi quand même, habillement, à cacher l’essentiel de son intimité en s’installant. Ils commandèrent d’emblée. Les échanges se firent sur des sujets désuets. Après s’être fait servir un apéro, Phil s’absenta quelque minutes aux ‘’commodités’’. Boëm’s ouvrit alors la conversation de manière un peu plus directe auprès de son auditrice à présent esseulée.
Boëm’s : ‘’Alors c’est pour vous que notre ami a voulu tout lâcher au soir de la saison dernière ? Je dois dire qu’il a bon goût. Mais qu’est-ce qu’il représente pour vous ? Je crois savoir que vous avez un sacré tempérament ?!’’
Audrey : ‘’Vous semblez bien renseigné sur ma personne. Qui vous a gratifié de telles indiscrétions ?’’
Boëm’s :’’Peu importe. J’ai su que Phil avait été éconduit par sa fiancée, et pas pour un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Et vu l’état dans lequel je l’ai trouvé, ce n’était pas une perte dérisoire. Que seriez vous prête à faire pour qu’il aille en Formule Un ?’’
Audrey : ‘’ Ben dites donc?! Vous êtes assez direct pour les propositions. C’est vrai que votre standing vous permet ce genre de raccourci. Donc, vous avez la certitude que je suis une femme facile, chaudasse, et apparemment cupide.’’
Boëm’s : ‘’En tous cas, vous êtes une femme bandante. Ne me dites pas que vous avez choisi cette robe, qui vous va à ravir, de manière hasardeuse et innocente. Les femmes aiment le pouvoir. Leur côté vénal les y conduit. Ça les fascine aussi''.
Audrey, en laissant glisser une bretelle de sa robe sur son épaule dénudée, gloussa telle une dinde conquise pour une farce à venir: ‘’Hôôôôô M’sieur Boëm’s ! Si vous l’dites !?’’
Boëm’s railleur : ‘’Wooooh !.....Coquin’heu !’’
Audey ironique : ‘’J’ ai vingt ans d’âge. Et, ma robe est rouge. Mais, y’a pas écrit Johnny Walker. Je ne suis pas un cadeau de bienvenue.’’
Boëm’s : ‘’Y a pas que le Sky dans la vie mon p’ti !’’
Audrey : ‘’Il y a un an comme maintenant, je croyais que les plaisirs du corps se résumaient à avoir mal entre les jambes et mettre les draps et autres sous-vêtements souillés dans le lave linge. Puis, j’ai connu Phil. Ce fut absolument agréable et ludique avant d’être coquin puis carrément torride. Le contexte a fait que nous avons eu une relation à trois, lui moi et une autre fille. Ensuite, pour lui, je me suis décidée à vouloir être sexy. Très sexy ! J’ai vu l’effet engendré. Ça m’a donné l’envie d’en découdre de manière coupable. A commencer par ce Jorg. J’ai alors pris conscience que je ne voulais pas dresser sur la tête de Phil, cette cathédrale d’ivoire propre aux cocus patentés. Et j’ai décidé de rompre et de suivre Jorg. Lui m’a précipitée au sommet de mes fantasmes transgressifs via certaines drogues prises à mon insu. Je suis passée de mains en mains, et du transgressif au glauque, voir obscure, drogues plus dures à l’appui. Jusqu’à ce que je me réveille la veille de Noël dernier dans une baraque du port d’Anvers. J’ai entendu les derniers spasmes de jouissances d’une fille avant ses cris d’effroi ultimes. On la présentera à mes parents comme leur fille, mes papiers étant sur elle, au centre médico-légale de Bruxelles, vitriolée. Heureusement, une tache de beauté leur permis de savoir que ce n’était pas moi. Phil est venu me sortir de leur griffe vers trois heures du matin de ce sale réveillon. Alors que j’étais dehors, transie de froid, depuis la veille 09H00 habillée aussi chaudement que maintenant, cachée derrière des conteneurs. Imaginez ! Nous avons été poursuivis. Stock- car aux abords de la zone portuaire, avant que Phil ne les expédie contre un mur à 170Km/h. Explosion incendie, il y avait trois types à l’intérieur. Phil est un tueur ! Un tueur froid ! Ce n’est pas la première fois qu’il prenait des risques pour me sortir d’un mauvais pas. Mais bon, ces gens sont puissants. Il y a parmi eux des diplomates. Libyens je crois ! Et la nuit même, grâce à l’immatriculation de Philippe, ils ont retrouvé son appartement à Bruxelles. Il n’y habitait pourtant que depuis un mois. Des flics complices ? Sûrement ! On a reçu un coup de fil arrivé chez lui. Ils n’ont laissé aucun message au répondeur. Phil a décidé de me conduire en France chez des amies. On a encore été poursuivis jusqu’à Valencienne. Il les a semé. A son retour à Bruxelles, son appartement était saccagé. Tout était cassé à la masse. Un truc tout neuf. Dégueulasse ! Il n’a pas encore eu le temps d’y retourner. On a bien des journalistes qui essaient de pousser l’investigation. Mais ça n’avance pas. Alors à Bruxelles, je ne le quitte pas d’une semelle. Mais on ne peut pas habiter en Belgique du coup. On ne sait pas où vivre lors de nos séjours en Europe. Phil, c’est mon Dieu ! Je ferai tout pour lui. Mais il n’a pas besoin que je couche avec quelqu’un pour avoir ce qu’il veut.
Philippe revint s’asseoir au côté de sa pin-up préférée. Le repas passa au stade principal dans un calme olympien. Il était assez contrarié. D’abord par cette quatrième place acquise la veille en Californie. Un peu par le fait qu’il avait mal récupéré. Et puis Audrey en chaleur… comme lui bien entendu ! Ensuite par la teneur de leur rencontre, elle contiendrait certainement des points de conflits délicats.
Boëm’s l’interpella:
Boëm’s : ‘’On a eu une conversation intéressante votre fiancée et moi.’’
Phil : ‘’J’en doute pas ! Audrey à toujours de la conversation à revendre.’’
Boëm’s : ‘’Je crois savoir pourquoi vous avez cherché à me voir. Vous n’êtes pas content de votre sort en F3000 ?!’’
Phil : ‘’Entre autre ! Mais pas seulement. Vivre en Europe est très inconfortable pour Audrey et moi. Et les évènements chez Galhaër Formula Project ne compensent en rien ce supplément de risque. Je préfèrerai rester aux USA et gagner de l’argent plutôt que de me sabrer la carrière en Europe. Je ne vais pas m’étendre sur les problèmes liés à ma présence en Belgique. Mais ça craint vraiment pour Audrey et moi. La laisser seule à Miami n’est pas mieux.
Boëm’s : ‘’ Je sais tout de ce problème. Audrey m’a tout dit ! Qu’est-ce qui fait que ça ne marche pas chez Galhaër ? Vous devriez être content. Votre victoire à Monza avec la groupe C reflète en tout point vos ambitions et prétentions pour cette voiture. Vous m’avez scotché. Vous n’y êtes pas allé de main morte !? Puuuutain ! Et ça conforte l’idée au demeurant excellente que je me fait de vous. Vous n’avez cessé de me bluffer depuis notre première rencontre. Si j’ai décidé de m’impliquer davantage et directement en sport auto, c’est pour vous ! Alors dites moi tout !’’
Phil : ‘’ La bagnole ! Si j’étais en F1 pour trois ans, j’accepterai d’être patient. Et, que la mécanique devienne plus conciliante. Mais là, impossible. En F3000, on a une année avant d’être oublié. Je suis assez costaud pour un pilote de monoplace. Mais regardez mes hanches. Pas plus large qu’un suédois qui mange du balsa à tous les repas. Ne parlons pas des Japonais hein ?! Mais dans ma F3, loin d’être une bétaillère, ça le faisait. Et là, mes jambes n’ont même pas la place. Mes genoux tapent dans la tringlerie de commande de boite et le renfort châssis malgré l’usinage. Et mes épaules qui ressortent du cockpit ?! Je ne tiens pas dix tours. J’abîme mon corps. Et le pire, c’est que je bousille ma condition pour les autres courses. Comme si ça ne suffisait pas, il y a mon pire ennemi qui conduit l’autre voiture. Sa taille filiforme convient parfaitement à ce fourreau pour anorexique. Mais moi, on dirait une nageuse Est Allemande essayant d’enfiler le tutu d’un petit rat de l’opéra. Il n’en débouchera rien de bon.’’
Boëm’s : ‘’Bon ! Vos querelles d’ados testostéronés je m’en tamponne. Vous n’êtes pas là pour passer vos petits caprices.’’
Phil : ‘’Vous n’y êtes pas Stephan ! Jorg est le responsable de la mésaventure d’Audrey. C’est lui le bellâtre qui en a disposé comme il le voulait, la droguant à son insu et l’abandonnant aux mains de ces salauds''.
Boëm’s : ‘’Ah oui !? Je n’avais pas fais le rapprochement ! Jorg ?!
Phil : ‘’Il a tenté de me sortir trois fois en trois courses. Il s’est viandé deux fois dont une, l’emmenant à l’hôpital. Cannabis, amphétamine, six mois de retrait de licence. Je ne crois pas que ça le calmera. Ce sera invivable.
Boëm’s : ‘’Ecoutez, s’il vous plaît ! Restez au moins pour Vallelunga. J’ai éventuellement un plan pour la suite. J’ai appris que vous aviez des soucis de logement. Ça vous dirait d’être citoyen Monégasque. Je vous laisse mon appartement avec vue sur le port et un peu du circuit pour quelques mois, le temps de vos séjours en Europe cette saison. Le reste, je m’en occupe.’’
Phil : ‘’Je ne sais quoi dire Stephan ! Je ferai tout pour donner le change. Et promis, à Vallelunga, je donnerai le maximum pour faire évoluer quand même la voiture. Il n’est pas question de me moquer de Galhaër. Je l’apprécie vraiment beaucoup. C’est un crève cœur que ça n’aille pas. Si je pouvais malgré tout continuer à courir sur la Galhaër groupe C, ça m’arrangerait. J’ai une revanche à prendre au Mans.’’
‘’Boëm’s : ‘’Vu votre manière d’aborder chaque course, j’ai l’impression que vous avez des revanches à prendre partout. Continuez comme ça. Ne vous retournez jamais Phil ! Jamais ! Foncez tant que ça déroule. Allez le plus loin possible. Vous n’avez en fait que des vengeances à prendre. Prenez sans cesse le meilleur de vous-même. Rebondissez et réagissez au quart de tour comme vous le faites si bien. Faites le pour vous. Parce que quand vous vous retournerez enfin, vous vous rendrez alors compte du chemin parcouru petit ou grand. Mais,…. il sera parcouru ! Pensez y ! C’est vital pour votre longévité.
Et puis sourire aux lèvres en fixant Audrey. Et surtout, sachez que les femmes simulent beaucoup !
Là-dessus, après un sourcillement d’étonnement de Phil et Audrey, celle-ci émit un soupir langoureux.
Mmmhhoooooh !
Elle se leva et pris la tête de Mr Boëm’s entre ses mains. Elle lui colla ses seins. Et lui fit un bisou sur le front. Ensuite, elle s’assit sur ses genoux.
Elle lui susurra :
’’ J’ai été très sage aujourd’hui M’sieur Boëm’s. J’ai droit à une glace au dessert ?’’
Elle n’était pas sans se rendre compte de l’effet engendré sur le sieur Boëm’s. Celui-ci en profita quelque peu pour perdre sa main sur le fessier substantiellement offert par ce string minimaliste, et cette robe peu couvrante. Mais rien d’insistant. Il s’en fallait de peu cependant. Le petit vaudeville dura ainsi une dizaine de minutes où les plaisanteries fusaient de la part de nos trois convives, alcool et humour aidant, langue de bois au vestiaire. La soirée pris fin. Philippe et Audrey devaient prendre l’avion pour Lyon vers neuf heures. Il comptait laisser Audrey aux mains de Pierre, Maryse et Viviane De St-Jean. Evitant ainsi une sur exposition face à Jorg. Audrey parti aux toilettes se ‘’repoudrer le nez’’. Elle ne manqua pas de se voir gratifier de cartons griffonnés à la hâte et autres cartes de visite, par une horde de cadres moyens supérieurs et V.R.P. lui emboîtant le pas.
Ce qui donna envie à Philippe, après avoir pris congé de Stephan, de s’exclamer en quittant la salle : ‘’ Et maintenant, j’te péte le cul !’’.
Boêm’s, une fois rentré chez lui, s’empressa de prendre son téléphone.
Allo Christina ? Tu peux venir ce soir ? J’ai vraiment envie de te voir. J’ai eu une soirée… assez éprouvante. J’ai besoin de tes trésors mon bébé !’’
Il était rare, de la part de cet homme, d’être à ce point un bon samaritain. Mais avec Phil, il allait de bonne surprise en chapelet. Il avait toujours un coup d’avance le Stephan. La cinquantaine bien tassée, il jouait souvent aux échecs. Mais, ses pions à lui, c’était ses collaborateurs, ses subordonnés, ses rencontres extra conjugales. N’avait-il pas, bien avant son offensive via Philippe au Portugal mis cette volcanique Lucia dans les bras de Miguel D’el Assièra avant que son mariage, ne le contraigne de la jeter en juste noce dans aux bras de son Directeur de Production. Histoire de jauger le terrain et ses occupants, via cette espionne. Cette Audrey, disposition aidant, jouerait peut-être un rôle de courtisane. Qui sait ! Mais bon ! Pas question de la solliciter à brûle pourpoint. Il faudrait que le courant et….bien plus que ça, passe. Quoiqu’il souhaitait plutôt épargner Phil, et sa compagne déjà bien éprouvée, par ce genre de jeu dangereux.
Rejoignant leur hôtel, Phil interrogea Audrey : Mais qu’est-ce qui t’as pris d’le chauffer à ce point là. Je crois qu’il t’as vachement apprécié tu sais ?’’
Audrey : ‘’Ben il m’a chambré dès l’apéro. J’ai eu envie, au vu de sa bienveillance envers toi, envers nous, de lui faire ce petit plaisir. Ce doit être un mec redoutable en affaire. Mais, il a un cœur qui parfois se fendille. Et si c’est le cas pour toi, c’est que tu es vraiment un sacré mec. Tu vas avoir une belle récompense mon poulet !
Le passage de la parole aux actes se fit dès l’ascenseur. Mais c’est sur les vitres de leur chambre que la buée s’accumula. Ils faillirent le lendemain louper leur avion. Pierre et Viviane étaient présents à l’aéroport. Phil resta une petite heure avec eux avant de prendre sa correspondance pour Rome. Il n’était pas seulement question que Maryse et Emilienne ne passent la semaine avec eux, sur le circuit et dans un gîte réservé entièrement, avec en prime, Jeff et le frère aîné de Phil. Mais le manoir fournirait l’intendance de l’équipe et ses invités en vins du Manoir ainsi que d’autres produits du terroir. Petite opération commerciale en sus.

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Re: Les Inédits de Saga entre deux tomes

Message  Johan le Lun 6 Mar - 21:37

Ca fait penser aux histoires qu'il y a dans les albums de Michel Vaillant que j'adore dont j'en possède quelques uns ainsi qu'aux histoires inédites de Jean Graton. Cool

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Re: Les Inédits de Saga entre deux tomes

Message  philbaetz le Lun 6 Mar - 22:56

Là, tu me fais injure. Car c'est juste le contraire du champion hors du temps et du héros sans reproche que mon Phil Baetz. J'essaie au contraire de rendre réaliste, même le contexte lié aux exploits. Quant aux histoires sentimentales, Jean Graton y va quand même plus mollement.
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Re: Les Inédits de Saga entre deux tomes

Message  BRUNO935K3 le Mar 7 Mar - 17:26

philbaetz a écrit:Histoire II Correspondance et mise au point.
Sniff !
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Re: Les Inédits de Saga entre deux tomes

Message  BRUNO935K3 le Mar 7 Mar - 17:35

philbaetz a écrit:Phil Baetz  entre deux tomes inédits.  II Correspondances et mises aux points suite


Bruxelles 29 avril 20H00 dans une Brasserie de la Grand Place :

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Phil Baetz entre deux tomes inédits. II Correspondances et mises aux points

Message  philbaetz le Jeu 9 Mar - 22:00

Phil Baetz  entre deux tomes inédits.  II Correspondances et mises aux points Suite suite !

Vallelunga 03 Mai fin de matinée : Je retrouvais ma Galhaër de F3000 laissée tard la veille au soir après moult discussions avec les ingénieurs et Galhaër lui-même. Le contexte défavorable d’entrée avait gâché ma découverte de cette catégorie ainsi que de ses spécificités. La F3000 était pratiquement une F1 des années 70. Même moteur 3000 cc,  toutefois limité à neuf mille tour minutes. J’aurai dû jubiler, caresser cette voiture comme une diva, antichambre de la formule un. Mais non, le côté humain avec Jorg, le côté technique avec le ‘’vibromoteur cassant’’, le côté physique compliqué par mon inconfort handicapant, tout ça rendait le rêve très cauchemardesque.

Alors, de part et d’autre, on avait malgré tout fait des efforts. Jorg et moi, ignorance totale, modification du moteur au niveau de l’ordre d’allumage et surtout quelques organes auxiliaires intégrés dans le bloc via une extension du carter, et pour mézigue,  pose d’une genouillère en mousse made in Galhaër. C’est vrai qu’il y avait du progrès. Je pouvais aligner une vingtaine de tours avec un moteur beaucoup moins capricieux et, un corps toujours d’attaque. Aussi, nous étions nous appliqués à corriger les défauts du train arrière. Nous avions cette sensation que l’arrière restait surélevé. Suite à une modification du règlement, la hauteur de caisse avait dû être relevée. Et nous n’arrivions pas à adapter les ressorts adéquats. La voiture sautillait de l’arrière dans les courbes rapides. Et nous tentions de trouver une parade. Sans cela, nous serions contrains d’assouplir les barres anti-roulis.  Ce qui, pour une voiture utilisant l’effet de sol était catastrophique. C’est en adoptant des ressorts à flexibilité progressive que nous trouvâmes un semblant de solution. Et en effet, dans les courbes moyennes prise en troisième, je jouissais maintenant d’une meilleure précision pour les entrées en virage et sans soulager les gaz. Par contre, l’avant avait du mal à garder l’adhérence en  sortie de courbe. Un sous virage rendait délicat ce passage commandant souvent un changement de rapport. Il fallait à présent que la dynamique du châssis en pleine accélération provoque un affaissement de l’avant sur le train avant. Et ce, afin de lui donner le poids lui permettant d’être plus influant. En attendant, c’est avec le couteau entre les dents que j’accompli la dernière séance chrono. Les autres avaient progressé. Et, pour faire aussi bien, ou plutôt, pas plus mal qu’à Silverstone, il fallut y mettre les formes. Beaucoup de frayeurs sur ce circuit dont certaine sorties pouvaient se solder par un contact plus ou moins violent avec des rails, ou des rochers. Et la voiture rétive, comme expliqué plus haut ne voulait rien savoir. Aussi me fallait-il la mettre en crabe en milieu de courbe pour garder un cap et une conduite autoritaire de l’engin. Adrénaline obligatoire. Heureusement que mon organisme et mon psychisme étaient en mode ‘’no limit’’. Tout était bon pour gagner un dixième. Le travail avec l’ingé et le boss, l’attaque outrancière avec la voiture. J’en avais pour mon argent en sensation. C’est vrai que la F3000 en procurait. Puissance identique pratiquement aux prototypes. Sauf que là, d’une conduite intérieure, on se trouvait à l’air libre qui plus est dans un fuseau étroit comme la F3. Bruit du moteur différent. Un vrai moteur de compétition.450 CV ! Et ces roues ! Beaucoup plus volumineuses ! Et comme cette sensation de tunnel sans fond perçue dans la Sora du Mans un an plus tôt, ces roues avant, rebondissant sur les inégalités du bitume m’obsédait.  Ressentant cette impression qu’elles cherchaient à échapper à leur point d’ancrage pour venir me frapper la tête. J’espérais que ce ne serait pas, cette fois-ci, prémonitoire. Car ce genre de chose, arrivant lors d’accrochage ou sortie de route pouvait être mortel.

Cette fois, j’étais enfin plus rapide que Jorg. Oh un dixième. Mais bon ! Vingt-deuxième temps, lui vingt-quatre.  La course fut longue et chaotique. Lors des vingt premier tours, je grimpais jusqu’à la quatorzième place. Ensuite, la mousse de protection de mon genou fut carrément hachée. Et le mal commença à se faire sentir.  Plus d’une fois, dans la grande courbe rapide en cinquième, je failli louper ma manœuvre de mise en crabe et prendre le rail de face. Ça ne me calma heureusement pas. Je gardait cependant l’avantage sur Jorg deux places plus loin. Mais à la mi-course, manquant de précision avec ma main droite par rapport à la position de ma jambe droite en mode talon points. Je ne descendis plus en quatrième en courbe moyenne, mais directement en troisième. Cela dit la quatrième ne voulu plus passer et les accélérations devinrent médiocres, passant de trois en cinq. Je perdis pieds, dégringolant au classement. Dix septième sur dix sept à l’arrivée. Et encore, la course fut interrompue suite à une violente sortie d’une March Ford ayant rebondi sur les rails et les rochers. Jorg finit treizième. ….Connard !

Hockenheim 11 Mai, 12H30 : La course aurait lieu dans une heure et demie. Je retrouvais ce circuit laissé avec mes trois victoires d’affilées, fin de saison dernière. Et pour mon plus grand plaisir, je retrouvais cette Galhaër LK2 Turbo groupe C. Celle dont les deux seules courses à son volant m’avaient conduit à la victoire. A Monza trois semaines plus tôt aux 1000Kilomètres comptant pour le championnat du monde des marques, et ici même fin de saison dernière en finale du championnat d’Allemagne de voiture prototype. On y était de nouveau en championnat d’Allemagne. Mais on n’utilisait pas le petit circuit, tracé principalement dans le stadium. Non ! Là, on partait pour cinq kilomètres déments taillés dans la forêt, pour moitié en une parabole ultra rapide à plus de 330 Km/H à l’aspiration. Seul, le passage dans le stadium, et les trois chicanes destinées à couper la vitesse, nous voyait évoluer en rapport intermédiaire. C’était Monza en plus fort niveau sensation. Frayeur au rendez-vous ! Heureusement, j’étais décidément passé en mode flat out ! J’avais rangé depuis Monza au moins,  une case de mon cerveau. Je me conditionnais pour ça. Et de quelle manière ! En dehors du sport à outrance footing musculation et autres assouplissements, il y avait le psychisme à travailler également. La cupidité et le combat de la frustration en faisaient partie. Je m’étais dit qu’il me fallait être prêt à accepter tous les risques à prendre dans ce contexte. Oh rassurez vous ! Il ne s’agissait pas de jouer les kamikazes au détriment de mes adversaires et de moi-même. Non, juste que je ne devais mettre aucune marge. Sachant que peut-être, les conséquences pouvaient être fatales. Et je pensais que pour sortir d’une telle réserve, il me fallait vivre dans l’accomplissement le plus total. En course comme dans les plaisirs de la vie. Si vous voyez ce que je veux dire. Pas d’acte manqués avant la course. Non ! Mais l’absolue recherche du plaisir, de la possession, de la séduction. Histoire de partir le cœur content, me sachant ‘’logiquement punissable’’.  
Il faut dire que j’avais commencé la semaine de manière bizarre. Je devais en principe partir de Rome directement sur Bruxelles par avion. Mais, à Vallelunga, j’avais encore croisé de près la belle Chloé. Sa blondeur m’avait donné une envie, au fil de ces trois jours de fièvre. Celle de croiser plus que du regard une autre blonde. Elle m’avait soudain de nouveau obsédé. Comme à l’époque où je l’avais connu avec son fiancé d’alors. La Belle, douce et, captivante Emilienne ! Je m’étais rappelé combien cette fille finalement paraissait en pincer pour moi à présent. Et son numéro laissé lors de cette sale journée de Noël dernier, m’était tombé dans les mains en rangeant ma Mercos chez Paul Wurtz. Préférant me rendre avec la Targa à Zaventem, au cas ou, nos démolisseurs de Noël surveillait encore le break.  L’idée de la joindre en secret fut prise. Car, il y avait frustration avec cette fille désirée. N’osant même pas la regarder à l’époque pour éviter la tentation. Je voulais y mettre fin ! Aussi l’avais-je appelée chez elle le dimanche midi avant le départ de F3000.
Emmi :’’Allo ?’’[/b]
Phil : ‘’Emmi ? C’est Philippe !
Emmi surprise : ‘’Phil….le coureur en voiture ? Philippe Baetz le fiancé d’Audrey ?
Phil : ‘’Ben oui !? Ça n’a pas l’air de te parler plus que ça ?! Ça t’ennuie que je t’appelle ?’’
Emmi : ‘’Nnnon non !? Je suis surprise c’est tout ! Qu’est-ce qui t’arrive de m’appeler comme ça ?
Phil : ‘’Je voulais juste savoir. Tu en pinces pour moi ? Enfin je veux dire…, tu ressens toujours la même …..bienveillance a mon sujet ? ‘’
Emmi surprise, la voix tremblante : ‘’ Philippe ! C’est quoi cette question. Tu veux me voir c’est ça ? ‘’
Phil : ‘’Plus que ça Emmi. Je suis complètement obsédé par toi. Depuis que je t’ai vu il y a cinq ans, tu représentes ma plus grande frustration. Mon plus grand désir refoulé. Je veux absolument mettre fin à ça. Je te veux. Demain après midi, j’atterri à Lyon et je viens chez toi. Je veux passer l’après midi et la nuit ainsi que le petit matin dans tes draps.  
Emmi : ‘’J’y crois pas ! Tu me fais marcher là ?!’’
Phil : ‘’Non ! Je sais que tu aimes ce genre de jeu. La dernière fois qu’on s’est vu, c’était la totale bérézina. Fatigue, plus plein de choses que tu sais. Je n’ai pas su apprécier ta douceur, ni le réconfort que tu semblais vouloir m’apporter. Mais là, je suis en pleine période de regret. J’ai la pêche !? …Et la sève qui va avec ?! Dès que je t’ai vu il y a cinq ans, ce fut le coup de foudre. Bien entendu, je me sentais coupable. Mais là, rien à battre. Je suis prêt à te faire déchirer tes draps de plaisir. Est-ce que tu le veux, toi aussi ?
Emmi déboussolée : ‘’Rappelle moi ce soir vers 20H00. Et je te donnerai la réponse.’’
Emmi me confirma que l’on se verrait bien comme convenu. Elle me donna son adresse de Lyon. Elle exigeait que je vienne avec des pizzas, comme un livreur. Un fantasme. Ce détail me mis à l’aise. Elle était donc aussi bouillante et,  aussi tordue que moi apparemment.
Elle habitait un petit studio de la résidence étudiante à proximité de son école. Par chance l’aérodrome n’était pas loin de ce quartier. Un peu plus de cinq kilomètres sans la nécessité de trop s’engager dans la métropole Française.
L’accueil fut à la hauteur de ce que j’imaginais. Elle portait un minishort blanc. Acheté sans doute au fameux magasin qui m’avait transfiguré ma p’tite Audrey en pétasse luxuriante.
Mais c’est son visage, poupin à souhait qui me clouait d’émotion.
La blondeur lumineuse de ses longs cheveux pouvait enfin se laisser contempler sans réserve. Je pouvais laisser paraître mes sentiments. Je n’avais plus cette honte sourde qui censurait mes envies.
Sa bouche enrobée d’un pastel rendait encore plus l’invitation à la dégustation de ce fruit au sucre divin de désir. La rondeur de ses lèvres, paradoxalement d’une agressive douceur, évoquait sans ambages, d’autres ouvertures de son antre dont le siège bestial me tardait.  
Ses yeux, d’un bleu aérien, projetaient sur moi la chaleur d’un soleil intérieur.
Je peux vous dire que les Pizzas eurent le temps de refroidir. L’une comme l’autre étions sous le charme. Et, elle mis du temps avant de poursuivre ce jeu de rôle imaginé la veille. Mais bien lui en prit de me faire son show. Sinon je serai encore hagard à l’entrée de son studio.

Elle fit sa cliente pas farouche, proposant un café et, trouvant normale de mettre un mini short moulant découvrant la moitié et, un peu plus de son fessier si ferme, pour recevoir un livreur de pizza. Ignorant que, même dans un studio, on ne trouve pas ailleurs qu’au ras du sol de quoi ranger son service à café. Je pouvais mater sa postérité à portée de main baladeuse.  
Elle se baissait puis, se mit à quatre pattes. Je remarquai alors que ce fameux short laissait voir aussi une partie de son intimité. Les mécanos et autres personnes du Paul Leven Storage team, ne devaient pas s’emmerder à mater Audrey sous le même angle, portant elle aussi, parfois, ce genre de vêtements là-bas. Sans doute cela me soulagea de mes derniers scrupules.
Nos premières et longues heures coupables, étaient sur le point de commencer. Mais ce fut d’abord une étreinte pleine de douceur et de chaleur qui brisa les derniers reliquats d’inhibition. Nos ébats durèrent la nuit entière. Au petit matin, notre sommeil nous cloua inconscients entre le canapé même pas converti, et la table basse.
Lorsque je me réveillai, ce fut pour la voir entrer avec quelques douceurs d’une boulangerie de proximité. Elle s’était changée. Escarpins rouges à talon aiguille et, je suppose des bas résilles noirs. Sous son petit imper très court beige, rien d’autre qu’un porte jarretelle noir lui aussi. Je ne sais pas combien d’hectomètres elle avait parcouru comme ça. Mais ça avait dû siffler dans le parking du campus J’avais bien fais de ne pas prendre de réservation. Car j’aurai loupé l’avion. Nous n’avions pratiquement rien échangé de convenu lors de nos saillies impénitentes.
Nous repartîmes de plus belle dans nos interprétations de l’autre. Le délice fut à la hauteur du délit. Je n’avais vraiment pas été sage. Ses éclats de voix, ses gémissements, furent dans mes oreilles lors de mon retour à Bruxelles une sonate pour un printemps coquin, ponctuant mon corps meurtri de charnels et coupable souvenirs. Je m’entendis  lui demander si elle souhaiterait que nous vivions ensemble ? ‘’Oui !’’
Et si dans ce cas elle me serait fidèle ? Non !
Puis, elle me demanda :‘’Pourquoi ? Tu comptes plaquer Audrey ?
Phil : ‘’ Non ! C’est la prunelle de mes yeux.  Mais elle est tellement désirable elle aussi. Je pense qu’un jour, elle trouvera un mec qui la fascine comme Jorg. Et elle s’évaporera. De quelle attirance tu es éprise de moi? On n’a fait que de s’enjamber toute la nuit. Mais tu es si douce d’apparence. Tu suggères aussi de l’affectif à revendre. J’adorerai en recevoir de toi!?
Emmi : ‘’J’ai des qualités dans ce domaine. Si seulement tu avais encore une journée à me consacrer, mon bébé. Je suis la reine des massages, des petits câlins apaisants ou, si nécessaire, fortifiant.’’
Phil : ‘’J’espère que tu m’en feras profiter au Mans.’’
Emmi : ‘’J’espère aussi. Mais bon, je n’ai pas envie de blesser ‘’Tata nichon’’, enfin je veux dire Audrey. C’est comme ça que l’appelle Maxou.(rire) Bon ! On l’a bien aidé sur ce coup là Maryse et moi. C’est notre copine chérie’’
Phil : ‘’Moi non plus je ne veux pas la blesser. J’en crèverai si elle me laissait. Mais je suis certain qu’elle s’en donne à cœur joie elle aussi.’’
Nous nous quittâmes en fin d’après midi. Elle avait du pain sur la planche avec ses derniers examens de fin de cursus. Une bien belle et désirable infirmière. Elle m’en promit dans le genre, lors de prochain vol plané dans son intimité.

Hockenheim 14H00 : J’étais bien entendu encore sous le charme de ce début de semaine en tout point idyllique. Mais bien entendu, la tentation fut présente dans le paddock du Stadium en ce week-end. Des invités Parisiens du team Häller Swiss Watch Sport étaient présents depuis la veille au soir.  Il s’agissait de bijoutiers horlogers représentant la marque des parents de mon patron d’équipier. Ils avaient profité d’une visite de leur fils caserné à Berlin pour faire un crochet au retour.
La fiancée de ce dernier était du voyage. Cheveux long châtains, légèrement ondulé, assez sexy elle aussi. Robe très courte et moulante, toutefois moins qu’Audrey à la gare du Midi six mois plus tôt. Mais très courte quand même?! La vache ! Bottes en daim beiges montant à mi cuisse, et mi-bas noirs, la tête surmontée d’un béret blanc. Aussitôt, je senti la possibilité de l’interpeller…quelque part.  Je m’étais mis en tête de lui faire le grand jeu. Notamment lors d’une séance de photos avec elle à mes côtés. Repas au mess de l’équipe avec elle à mes côtés également. Mains baladeuses non réprimées. Mais surtout, je profitai sans doute lâchement de mon bronzage outre atlantique encore très frais, mes regards perçants et mon sourire ravageur. Elle m’avait assuré de leur réalité.
Ce dimanche matin, en combi, après le warm-up, elle et sa belle famille étaient à proximité. Bien entendu, j’entamai la conversation. Je ne mis pas longtemps à lui faire comprendre que je la désirai férocement. Et, que je voulais goûter aux plaisirs de son corps de la manière la moins convenue possible. Prétextant un passage aux toilettes, elle pu échapper au contrôle de ses beaux parents. C’est alors que je l’entraînai dans la partie privative du motor-home. Sa manière de m’escalader, enserrant ses jambes autour de ma taille, témoigna de son degrés d’enthousiasme. Ce fut d’une saillie crapuleuse d’interdits, que ce matin dominical nous gratifia.
Nous nous séparâmes discrètement, nos corps et nos esprits étourdis de plaisir et de surprise. Je lui proposai de venir au Mans et lui demandai son adresse afin de lui envoyer les entrées et passe pour notre team. J’en disposais d’une dizaine pour cette course. Audrey, Maryse, Emmi, mon frère  et Jeff pour me coacher toute la semaine, et …Véronique, la Belle fille de ces Bijoutiers. Je regrettais cependant de ne pas avoir tenté la chose la veille. La nuit d’enfer qu’on aurait alors passé ?!

Hockenheim 15H00 : La course en était dans son tour de lancement. Je veillais bien à chauffer les gommes. J’avais affaire à une bande de malade d’efficacité, de rapidité, et teigneux. Pas grave ! Moi, c’était pareil ! J’étais remonté à bloc, le corps apaisé, mais gonflé de tonicité. J’avais le sixième temps. Devant moi, Steiner sur la Sora du team Stinz, Lestoffer sur une Porsche Joëst, Häller sur l’autre Galhaër, Preuls sur une Ford C100, Jimenez sur une Porsche Brun et moi-même.

Premier tour : Steiner et Lestoffer tentaient de contenir Preuls. Quand à moi, je me faisais déborder par deux autres Porsche ainsi qu’une Ford, contenant de justesse cinquième Porsche.
Troisième tour : Le groupe de dix voitures en tête  était resté compact jusqu’à maintenant. Nous nous passions au hasard des aspirations. Mais utopique de pouvoir calculer comment nous placer pour être devant à la fin du dernier tour. Ça allait vite, très vite ! Je passais au tour suivant quatrième derrière Preuls, Jimenez et Steiner que je dépassais avant la première chicane, imité par Häller.
Sixième passage : Je passais enfin en tête, suivi comme mon ombre par Häller, Preuls, Steiner. Le groupe s’était réduit à huit malades mentaux.
Huitième passage : Nous n’étions plus que six voitures dans un mouchoir. J’échouais de peu pour passer de nouveau en tête. Le comportement de ma voiture s’améliorait de tour en tour. Elle restait à présent bien en cap lors des freinages.
Dixième passage : J’ai bien failli me vautrer dans le sillage de Steiner. Celui-ci venait de casser son moteur. Fumée et projection d’huile, j’ai bien cru partir en vrac. Prenant mon salut par l’extérieur. Je restais cependant dans le sillage de ces quatre tordus pour la victoire.
Mi-course : Plus que quatre à présent ! La C100 de Preuls avait également fait feu d’artifice, en bout de ligne droite avant le stadium. Je repassais enfin premier devant les stands.
Deux tiers de l’épreuve : Sans doute était-ce le fait que nous étions moins nombreux. Je passais en tête devant les stands tous les deux tours. C’était une course de dingue. On était à fond absolu et sans filet. Sans compter le vortex formé par nos dérives dans la forêt comme les avions, humidité stagnante aidant. On se repassait à l’aspi et souvent en légère glissade car on empiétait sur une partie moins abrasive de la piste. Mais ça marchait, pour eux comme pour moi d’ailleurs.
Avant dernier tour : Je passais Häller avant le stadium alors que Jiménez avait tenté devant la même chose sur Lestoffer, mais en moins bien. Ils se gênèrent à l’entrée du stadium. J’en profitais pour prendre Jiménez à l’intérieur de la grosse épingle à gauche tout en gardant la trajectoire idéale. Si bien que je faisais avec succès l’extérieur au  Mexicain en sortie du stadium. J’entamais donc le dernier tour en tête.
Aïe ! En principe, le suivant, l’arrivée, je ne devrai pas y être. Bon première chicane je résistais. Seconde je résistait un peu trop et passa mal la sortie. C’est Häller qui en profita pour passer Lestoffer. Jiménez le passa également. Au freinage de la troisième chicane Häller se fit aspirer par mon sillage. Je le laissais me passer. De toute façon, on s’était mis d’accord pour qu’il passe devant si on était en tête.
Car il faisait toutes les courses du championnat et jouait le titre. Problème, Jiménez s’infiltra dans son sillage. Je reparti donc troisième vers le stadium. Je pensais le reprendre au freinage. Mais Lestoffer s’engouffra. Quatrième, je tentais de le repasser en sortie de la grande épingle à gauche. Je fus presque à sa hauteur en sortie de stadium. Je le débordai par l’extérieur, passant ex aequo la ligne pour la troisième place. Enfin non ! Trois millièmes nous séparaient. Un Jiménez, deux Häller à trois centièmes, trois Lestoffer quatre Mézigue. Un peu déçu de ne pas être au moins sur le podium. Mais j’aurai pu tout aussi bien être premier. Mes trois adversaires, mon équipier en tête et moi-même nous congratulions. On avait vraiment fait une superbe bagarre.
Mais j’avais pas l’air d’un blaireau déjà ! N’être que quatrième au yeux de Véronique. L’après midi n’était pas encore trop avancé. Peut-être qu’un ‘’thé dansant’’ dans ma chambre d’hôtel la tenterait. J’étais crevé mais pas autant qu’après ma course de Monza. J’avais commencé à saturer après le premier tiers de mon premier relais. Mais ensuite, je me sentais parfaitement bien dans mes affaires.
Ici, j’aurai encore bien tenu une heure. Ce qui fait que j’avais de ‘’la tendresse’’ à revendre pour la bombasse de Paname. Ma voiture avait déjà été contrôlée et sortie du parc fermé. Du coup, je l’accompagnais jusqu’au camion. C’est là que je vis les ‘’Français’’ sortir de l’auvent. Bien entendu, le regard  de Véro se portait sur ma p’tite personne qui en avait fait de même. Je lui proposais de s’installer dans le cockpit. Ce qui fut à la fois laborieux et très agréable pour les angles, loin d’être mort, que m’offraient ses postures aussi équivoques qu’involontaires. Par chance, ses futurs beaux parents étaient occupés avec le père Häller. Je pu à loisir lui parler tendrement tout en lui montrant les différents boutons et  interrupteurs,  et en expliquant leur fonctions. Mes mains se baladaient sur d’autres endroits ayant fonction de mise à feu. Aucune réprimande ne vint censurer mes sollicitations. Je lui montrai  la mise sous tension les deux pompes à essence  basse et haute pression et lui fit appuyer sur Power et tout en écrasant l’accélérateur. La bête s’ébroua d’un coup dans un fracas. Le moteur s’emballa et elle relâcha d’emblée l’accélérateur. Son saisissement fut à la hauteur de la surprise. Puis, retirant le coupe circuit, le moteur se tut.
Et je lui dis :’’Tu vois, malgré la course, elle en a encore dans le capot hein ?! Hé bien moi c’est pareil. J’ai encore envie de toi. Et je n’ai pas besoin d’être mis en route.’’
Véro le sourire malicieux : ‘’Je crois que ça va être délicat. Mes beaux parents ne sont pas loin. Mais tu as l’air d’aimer le risque. Sauf que là, c’est moi qui joue gros. Alors, si tu as un plan, c’est tout de suite.
Phil : ‘’Ma Porsche est à deux pas. On peut en moins d’une minute rejoindre ma chambre d’hôtel. Fais mine d’aller aux toilettes. Je te prends de l’autre côté.’’

Ce furent sans doute les hectomètres les plus rapides parcourus dans une voiture par la belle Parisienne. Philippe et Véro s’expédièrent férocement au septième ciel de la transgression. Ce fut court certes, mais intense.(classique) Et de toute manière à la demande de la demoiselle. Le retour se fit aussi rapidement que l’aller. A regret d’ailleurs. Car les beaux parents semblaient encore très occupés avec Papa Häller.
Phil conclua : ‘’Ce ne sera sans doute pas plus confortable au Mans. Car deux de mes petites amies seront là ainsi que ma compagne. Mais comme j’aime cette manière de faire…. Si tu me permets de passer un jour de la semaine qui suit dans ton studio… Je pourrai t’en donner bien plus. J’aime comment tu t’habilles. J’aime l’intensité car, je ne suis pas certain de disposer de la durée. J’assume ! Tu sais, je ne prétends pas être mieux que ton fiancé. Mais je trouve ça très excitant. Et il faut que je fonctionne ainsi ! ’’
Véro : ‘’ Ce fut très bon. Moi aussi j’aurai voulu que ça dure plus longtemps. Pour le Mans c’est no possible ! Mais la semaine qui suit pourquoi pas chez moi ?! On verra pour ton séjour… d’ici trois semaines c’est ça ? Je serai libre. Ça tombe bien. Sors moi je te ferai connaître Paris By Night !’’
Phil : ‘’Je m’en réjoui d’avance !’’  
Le retour de Philippe vers le manoir se fit dans un contexte d’euphorie encore jamais ressenti. Il ramena sa Porsche Targa, le toit découvert, capote baissée à plus de deux cent kilomètres à l’heure sur l’autoroute. Il se sentait puissant, fort, même si éphémère. Il respirait une joie de vivre, la senteur des bois bordant l’autoroute aidant. Oubliant pour un temps ces menaces concernant sa vie et celle d’Audrey.  
Ramenant sa Porsche à l’école de Paul Wurtz, il repris la Mercedes pour retourner vers le manoir qu’il atteignit en fin de nuit. Il s’endormi aux portes de celui-ci. Mais contrairement à Noël dernier, ce fut pour ne point réveiller la nuitée des Lamberet.
Ce fut Pierre qui le réveilla sur le coup de dix heures. Puis, Audrey et Viviane vinrent le rejoindre. Audrey n’avait pas l’air de bonne humeur. Phil lui avait pourtant donné de ses nouvelles tous les soirs et, même la veille avant de s’engouffrer sur l’autoroute. Mais, il attendit que les retrouvailles avec la famille De St Jean se soient achevées pour prendre Audrey entre ‘’quatre yeux’’
Phil : ‘’ Que se passe-t-il ? Ça t’ennuie tant que ça de me revoir ? Tu m’as manqué ! Tu t’es trouvé la perle rare pendant mon absence ?
Audrey : ‘’Arrête ! J’en peux plus. Je sais ce qu’il s’est passé entre toi et Emmi ! Et tu t’es bien gardé de m’en parler. Tu me prends pour une conne. Tu veux te venger c’est ça ?!’’
Phil : ‘’Ça m’a pris comme une envie de pisser cette histoire. Ça en est devenu obsédant au point de l’appeler le dimanche midi. Et voilà ! C’était une frustration qui me pesait. Fallait que ça se fasse. Toi-même tu m’en avais parlé comme d’une chose qui arriverait.
Audrey : ‘’Mais de là à venir à moins de cinquante kilomètres de moi sans même venir me voir pour me faire ça en plus… ça ne passe pas !’’
Phil penaud: ‘’Tu vas pas me quitter hein ?! Je tiens trop à toi. Ce n’est pas une vengeance. Même avec ton tempérament, pour moi, y a rien à jeter. J’ai besoin de toi. J’irai te chercher au fin fond de n’importe où.’’  
Audrey : ‘’Mais pourquoi tu lui as demandé si elle souhaiterait vivre avec toi ?’’
Phil : ‘’Je ne sais pas ! Pour jauger. Elle me plait. Et tu le sais. Je t’en avais déjà parlé. Mais bon ! J’ai toujours dans l’idée que tu vas me laisser un de ces jours. T’es tellement tout !? Comment je pourrai te garder avec moi ? Alors, je me demande si tu es une exception ou si tes impressions à mon égard sont logiques, partagées et donc durables.’’
Audrey : ‘’Et Inès, Maryse, et qui sait d’autres sur les circuits quand tu y es sans moi. Elles n’arrivent pas à te convaincre ? J’en peux plus Philippe. Je veux être avec toi sur les circuits. C’est la vie que je veux. J’aime la course. C’est mon truc à présent. Ce n’est pas pour rien que je fais de la photo dans les stands. Même si j’adore la nature. J’adore la course, au vu de ce que j’y ai vécu. Tanpis pour Jorg. Occupons nous de nous. Me laisse plus seule !’’
Phil : ‘’Ok ! Je profite de la vie. Je veux la vivre à fond. Je me conditionne de cette façon pour atteindre le niveau d’implication qu’il me faut à présent pour combattre ces malades de la piste. Alors oui, j’ai eu d’autres relations depuis que je cours en Europe. A Silverstone, à Monza et hier encore à Hockenheim. Je comprendrai que tu fasses pareil. Même si ça m’emmerde un max. Juste faire gaffe aux saloperies qu’on pourrait ramener. Mais bon, j’ai encore sorti trois cercueils de ma boite à lettre. Alors vivons pleinement. Aimons nous très fort aussi mon chou. Nous sommes des fugitifs. Nous sommes en sursit.’’
Audrey : ‘’Trois cercueils !? Rien que ça !?
Phil : ‘’Oui ! Note ça colle. Ils sont réguliers. Je crois qu’un de ces jours, je vais les attendre avec le fusil de chasse de mon Oncle, ou un truc plus performent. Ils peuvent rentrer comme ils veulent dans l’appart. Je crois que je vais faire un truc médiatique. Faire venir les journaleux, photo à l’appui leur dire de faire le pied de grue devant ‘’ma garçonnière’’ et prendre en photo ces connards, les pister, et faire un article dans la presse.’’


Dernière édition par philbaetz le Mar 21 Mar - 13:38, édité 1 fois
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Phil Baetz entre deux tomes inédits. II Correspondances et mises aux points

Message  philbaetz le Mar 21 Mar - 13:30

Phil Baetz  entre deux tomes inédits.  II Correspondances et mises aux points. Suite

Bordeaux, mercredi 14 mai : J’avais rendez vous avec mon nouveau boss. Il venait de prendre des parts majoritaires dans l’équipe ‘’Fulgurante Corse’’ basée non loin de Muguello. Je le connaissais bien. Il s’agissait de Jochen Kaoüter, Luxembourgeois et ancien équipier lors de certaines courses en tourisme sur sa Ford Capri violette. Nous collaborions également pour les essais pneus de Nipogum et la mise au point des Sora de la Ryù Cup. Ses affaires étaient devenues florissantes. Il avait revendue son entreprise de machines outils pour prendre des parts dans une filiale du groupe Boëm’s spécialisée dans les engrais et amendements B.TIEAK, elle-même sponsor de l’équipe sans doute bientôt éponyme, avec bien entendu sur ma voiture seulement, Boëm’s Grupp, B.Chemical, Petrox, Point Limit, Totality, et Cordobaz. Et ça semblait prospérer. Nouvelle vie, nouvelle femme à ce qu’on disait… Je me souvenais encore de Katia. Elle tenait la cuisine de son équipe. J’avais amené ma p’tite Audrey une fois de plus toute customisée avec cette fameuse mini-robe de Bruxelles, ses talons aiguille, ses bas et son buste baladeur.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’avais bien fait d’amener l’artillerie lourde dans ce domaine afin, de ne pas être en reste. Car la nouvelle femme de Jochen n’était ni plus ni moins que… Chloé. Oui, Chloé !’’Ho put hain !’ Me dis-je de surprise. Cette jeune femme blonde mariée que j’avais si abondamment outragée de mes torrides assauts, achevant, dans son intimité, de me consommer physiquement lors de mes deux week-end Italien. Parfois d’ailleurs prise en sandwich entre mon futur équipier Giorgio Carpini et moi-même. Elle portait elle aussi une tenue pour le moins épurée, minijupe plissée,  mi-bas noirs, talons aiguilles. Un gilet de coton noir soulignait d’un V plongeant et généreux, son opulente poitrine décolletée. Ne restait plus qu’à organiser un match de catch entre elle et Audrey dans la salle de ce resto. Beaucoup plus étonnée de voir en Audrey une rude concurrente, que de me reconnaître à présent, écuyer de Mr le… Baron de Kaoüter. Car il avait pris du grade l’animal ! Pour ma part, tout à fait à l’aise dans mes affaires,  j’envisageais la suite de la soirée avec délectation. Audrey au vu des regards équivoques de Chloé, comprenait qu’il s’était passé quelque chose entre nous. Et moi, que dès ce week-end, elle paierait de sa personne auprès de Giorgio, un peu en guise de représailles, beaucoup en guise de désir qu’il provoquerait en elle. Ne parlons pas du contraire…le salaud ! Même si ça m’emmerdait, je m’étais fait une raison. J’aurai sûrement à m’organiser pour avoir Chloé en consolation.  C’est qu’il était capable de les prendre toutes les deux avec lui.

Le repas dans cette métropole fut d’une finesse et d’un délice dont je me rappellerai longtemps.
Je me rappellerai également des modalités du contrat.
Au vu de l’apport de mes sponsors, il me restait huit cent mille francs Français à débourser. Et je devais solder les prestations perçues lors des deux premières courses de deux cent mille francs à mon ancienne équipe. Tout avait été net et sans bavure. Mais il me faudrait du temps pour honorer cette somme. J’avais donc un échéancier dont les premiers deux cent mille francs fin juin tout comme les deux cent mille francs de reliquat à Galhaër. Autant dire que tout ce que j’avais gagné chez Häller et une partie de mes primes Américaines étaient déjà ‘’bouffées’’.  J’aurai juste, en fonction de mes résultats, des rabais à la hauteur de mes maigres primes d’arrivée.
La soirée dans une discothèque fut un premier temps assez torride. Audrey allumait l’entièreté du troupeau de mâles présents et….absents à la fois.

Il faut dire que ma pin-up, ado, avait pris des cours de modern jazz. Elle savait mieux que quiconque faire bouger son séant malgré sa paire d’échasse. Comment faisait-elle avec de telles chaussures. Je lui avait appris à faire du talon pointe avec la Mercos. Elle ne mis pas longtemps à répéter la manœuvre avec ces ustensiles.
Moi, avec ce genre de truc, je n’aurai même pas su épeler mon nom.
Je l’imaginais parfois dans mes délires, lors de mes absences sur les circuits, prendre la Targa pareillement ‘’déshabillée’’ et chaussée, allant cueillir au hasard des sorties de prison, un Bad-boy bien membré, histoire de traîner une petite semaine, en allant chercher des allumettes.
Allions nous rentrer ensembles ce matin ?
Jochen me rappelait nos anecdotes communes de piste et les siennes propres. Pendant ce temps là, sa femme Chloé m’allumait, s’assoyant sur mes genoux et ‘’autre support’’, ma main entre ses cuisses, un peu imbibée d’alcool et franchement débridée. Dansant quelque peu ensuite, afin de me frotter de ses atours de manière assez discrète, je n’en pouvais plus. Tant excité par Audrey et ses frasques à venir avec sa manière incendiaire de bouger, que par cette jeune mariée.
Il avait fini par consommer sa petite vanité de réussite sociale via un changement radical de vie affective. Cette diablesse de jeune femme d’à  peine vingt ans, jouant volontiers l’étudiante en chaleur, avait convolé deux mois plus tôt avec ce tout jeune quinqua.
Mais où était donc Audrey ?  Ah ok ! Elle se faisait charrier par trois mecs au comptoir.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’avaient pas l’air de la déranger. Assise sur les genoux de l’un à sa gauche, elle dos au zinc, un autre  à sa droite, et un autre assis à côté du premier. Finalement plus à température que Madame Kaoüter, rassise à côté de son mari, elle semblait devenue très sage en cette fin de soirée.

Jusqu’à ce que mon boss me dise : ‘’ Nous devons rentrer à l’hôtel. Car il faut que je prenne l’avion pour Montréal demain soir et j’ai une correspondance pour Paris depuis Bordeaux vers les dix heures. Tu ne devrai pas tarder non plus. Je veux un pilote frais pour prendre connaissance de la voiture.’’

J’acquiesçais. Tout en n’osant pas trop dire que je ne maîtrisais pas trop le jeu. Tout ça dépendrait d’Audrey et ses envies d’être culbutée au septième ciel avec une tierce personne….ou trois tiers qui sait ?!

Je n’osais même pas regarder où elle en était. Je ne savais pas si, moi-même, j’attirais l’attention.  Mais Audrey vint m’embrasser dans le cou.
Elle me dit : ‘’T’inquiètes ! C’est toi mon homme ce soir. Mais t’as eu chaud ! Si par malheur t’avais serré d’un peu trop près ta patronne, je serai passée à la casserole avec les trois.
Phil intérieurement : ‘’Ouf !’’
Ils se hâtèrent de rentrer à l’hôtel. Ensuite, ils se consolèrent de leurs petites frustrations respectives. Mais pour Philippe tout au moins, la certitude d’avoir ramené la meilleure option semblait évidente.
Au bout de leurs étreintes fiévreuses, il lui demanda : ‘’Tu sais mon chou ! Il ne faut pas que tu te sentes obligée de rester avec moi. J’ai l’impression que tu aurai préféré de faire prendre par les trois lascars et, qui sait bien d’autres encore. Tu ne me dois rien ! Je suis dingue de toi. Mais je ne veux pas que tu sois malheureuse en te forçant à rester avec moi.’’
Audrey : ‘’J’ai…… !Besoin…… !De……. !Toi ! Je suis mal sans toi ! Tu comprends ça mon poulet ? Je suis peut-être une chaudasse. Mais t’es pas un moine non plus. Je ne t’en aime pas moins dans le respect le plus total de ce que tu représentes. Je t’en prie. Restons ‘’groupir’’ toi et moi. T’es mon guide, sans toi de déconne ! Je défaille ! Je déprime ! You understand?
Avant de poursuivre: ''Et dormons ! On a tous les deux du pain sur la planche cet aprèm.
J’aime la vie que tu m’offres. Même si on doit dormir dans la Mercos faute de pouvoir se payer l’hôtel. Pour moi, c’est le palace. Parce que c’est avec toi. Et parce que c’est excitant. ’’
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Re: Les Inédits de Saga entre deux tomes

Message  BRUNO935K3 le Ven 24 Mar - 18:22

philbaetz a écrit:Phil Baetz  entre deux tomes inédits.  II Correspondances et mises aux points Suite suite !
Wink

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Re: Les Inédits de Saga entre deux tomes

Message  BRUNO935K3 le Ven 24 Mar - 18:29

philbaetz a écrit:Phil Baetz  entre deux tomes inédits.  II Correspondances et mises aux points. Suite
Cool
Tu ne reçois pas souvent des "alertes" d'Auto-Passions sur mes lectures, passeke je change de job et qu'il y a beaucoup, beaucoup de travail, y compris à des heures tardives...
Mais Tkt, je lis dès que cela m'est possible Wink

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Re: Les Inédits de Saga entre deux tomes

Message  philbaetz le Sam 1 Avr - 23:09

Phil Baetz entre deux tomes inédits. II Correspondances et mises aux points

Pau Jeudi milieu d’après midi Audrey : ‘’ Ca y est ! Je suis partie en repérage. Autant pour noter les accès aux différents endroits stratégiques du circuit que pour parfaire mes mises au point. J’utiliserai mon trépied et une ouverture lente avec beaucoup de luminosité à optimiser. Si j’ai le temps j’essaierai mes filtres dès cet après midi afin de donner quelques effets. Mais je prendrai très peu de photos. Je veux effacer le travail exécrable fourni à la course de Los Angeles. Je ne vous en dirai pas la cause. Mais vous le devinerez en apprenant que c’était Craig qui me conduisait en moto sur les différents sites lors des essais. Ici point de short sexy, point de minijupe plissée blanche ni mes talons aiguille. Jeans, basket, débardeur ample, peut-être un peu plus sexy au cas où ça me faciliterait mes accès. Juste repérer mes angles de prises de vue aujourd’hui et quelques clichés pour assurer le minimum. J’effectue d’abord mes mises au point au Pont Oscar. Je surplombe la ligne droite avant que les voitures ne passent en dessous. Puis j’irai à l’épingle du lycée par l’extérieur et, le passage du parc Beaumont par l’extérieur également.
Jeudi 14H00 Première séance d’essais libre : ‘’Bon ! Le Pont Oscar c’est bien pour les plans éloignés. Mais je veux des clichés intimistes et du détail sur mes épreuves. Il faut que je redescende de l’autre côté pour le virage du lycée. J’en ai juste pour un quart d’heure de marche forcée avec mon trépied mon sac d’accessoires. Autant dire qu’en talon aiguille, à moins qu’un motard en ruth me croise et me conduise…., elle serait mal barrée la mère.
Jeudi 14H30 : Ca fait dix minutes que j’effectue mes plans rapprochés et mes mise au point dans cette épingle. J’ai la lumière et la bonne ouverture avec mon trépied. J’ met un vingt quatre poses pour assurer un minimum et tout sur mon poulet. Bon ! Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il me facilite la vie. C’est certainement le plus lent de la bande. Il enchaîne les tours. Il m’avait prévenu.’’

‘’J’apprends le circuit comme une partition. Je prends mes repères de freinage, de prise de corde, avec les rapports correspondants. Puis j’augmente le régime moteur de cinq cent tours en cinq cent tours minute. Parce que là, je découvre et la voiture, et le circuit. C’est un peu comme Monaco. Juste que les appuis son moins bosselés’’
‘’Mais bon ! Là ça commence à rouler très vite chez les autres. Ce n’est pas comme ça qu’il va payer l’hôtel et surtout le gîte dans la Sarthe.

Jeudi 15H00 : je suis arrivée au parc Beaumont comme finissait la séance. Longue boucle à droite. Je me suis idéalement placée. Je les vois bien enfiler la moitié de la courbe et arriver de la longue courbe à gauche. J’ai un superbe arrière plan. Plusieurs fois, les commissaires m’ont prié de ne pas m’appuyer sur les rails de protection. L’onde de choc me tuerait. Pas de soucis. De toute façon, j’ai le trépied. Maintenant j’attends. En espérant que Phil ne s’inquiète pas trop de ne pas me voir.
Jeudi 18H30 : J’ai respecté mon tableau de marche. Huit poses au Lycée, huit poses au Beaumont, et huit poses à Foch ? Une enfilade gauche droite gauche redoutée autant qu’appréciée. Philippe a daigné accélérer le mouvement. Il reste lent cependant. Mais c’est comme il a dit. Il est très propre. Il a un pilotage aéré. Surtout à Foch. Pas un poil de différence entre ses passages. Je redescends vers les stands. Pau est un circuit sur un flan de colline urbaine. Et la ligne droite de départ ainsi que les stands sont au point le plus bas du circuit. Demain je filerai directement à Beaumont avant le début de la troisième séance libre. Je chargerai un trente six poses. J’en tire douze, ensuite autant à Foch puis retour à l’intérieur du circuit pour les clichés par l’arrière à Foch et la portion rapide en descente. Surtout pour repérer les emplacements dispo pour ma pomme. Ensuite mise au point pour ces passages rapides. Et l’après midi, je tente les filtres à ces trois endroits. En espérant que mon poulet me donnera la chaire de poule comme à Miami, Sebring, Atlanta et Los Angeles.


Je suis enfin de retour aux stands. Phil débrief avec son responsable châssis. Il me demande de l’aider à traduire ses impressions. Et en même temps, il donne des petits trucs pour les abréviations d’usage. Fly ? Aileron arrière ! Flap ? Ailerons avant. Open trie ? Diminuer les appuis de trois degrés ! Close four ? Augmenter les appuis de quatre degrés. Ressort hard ? Ressorts durs ! Ressort slow ? Ressorts souples ! Open rolls ? Ouvrir le train avant ! Close rolls ? Fermer le train avant ! Et quelques autres trucs. Pendant ce temps là, Phil prends des notes sur ses repères de freinage, de point de corde, un peu comme un road book qu’il va ingurgiter. Pareil pour les réglages de la voiture. ‘’Demain, ça va commencer à causer sur la piste !’’ dixit mon poulet.
Ouais mes p’ti gars. Moi aussi je m’intéresse à son job. Moi aussi ça me passionne. Phil m’a promis de me faire essayer les petites monoplaces de son école de pilotage, et qui sait un kart. Et je peux vous dire que j’en piaffe d’impatience.
Vendredi 18 heures : Fin de la première séance d’essais qualificatifs. Il lui en reste deux autres samedi et dimanche plus deux autres d’essais libre. La course aura lieu le lundi de Pentecôte. Pour l’instant, Phil n’est que dix huitième. Son équipier Giorgio est huitième. Phil a été gêné dans son tour le plus rapide et y a laissé le museau de sa March. Mais bon ! Ça va ! Il est dans le rythme.
Mais, tout bon ou tout con, ça tient en peu de choses.

C’est pour ça, je lui tire mon chapeau d’avoir gagné des courses à ce niveau en prototype tout au moins. Moi, je suis assez contente de moi. Je vais faire tirer mes cinq films utilisés depuis hier. Aujourd’hui, trois fois trente six poses dont un avec des filtres dans les enchaînements rapides de descente vers les stands. Avec la lumière ça donne un truc que je trouve très classe. Un ciel au fond oranger avec les couleurs plus métalliques. Si ils ne m’en prennent pas chez Totality pour les chroniques et le livre de fin de saison, je me poserai des questions.
Bon sang ! Ce Giorgio, quel beau mec ! Bien équiper en plus. Je l’ai vu se changer tout à l’heure au fond de la semi. J’le verrai volontiers dans un péplum de boule l’animal. Dommage que je n’avais pas de film dans mon appareil. C’est des coups à ce que je me remette en minishort ou en minijupe plissée blanche et talon aiguille, histoire de trouver une savonnette qui traîne….. Sait-on jamais ?! Tu ramasses tranquillement, puis crack ! Mais non ! C’est mon poulet le plus beau. Allez, on y croit. Bon on mange au mess de l’équipe, histoire de ne pas se ruiner en resto ce week-end. Si je m’assoyais à côté du Rital !? Il aura peut-être les mains baladeuses ?! Nnnoooon ! Bon ! Phil a intérêt à passer à autre chose pour décompresser de la course. Sinon, je sais à qui demander de me conduire chercher des allumettes, vers deux ou trois heures du matin.
Samedi 20H00 : Je suis enchantée par mes tirages de la veille et avant-veille. Cinquante pour cent de bonnes photos. Ils jugeront chez Totality. Ceux d’aujourd’hui promettent également. Et mon poulet a bien progressé lors des libres. Malheureusement, même si il a amélioré son temps de la veille, il n’a progressé que de deux places. Il devance Jorg. Je l’ai repéré aujourd’hui. Enfin, je parle de sa voiture. Bizarre, un de ses sponsors me rappelle quelque chose. Faudra que je m’y intéresse de plus près. Ça me dit quelque chose, mais quoi ? On mange encore au mess ce soir. Ensuite, on se balade dans les rues comme deux lycéens. Puis, on ‘’décompresse’’ comme hier. Il s’est bien lâché le père. Mais, j’avoue que j’avais quelques pensées tordues lors des moments les plus puissants au sujet d’un pilote Italien. Chuuuut ! Bon ! Cela dit, je les ai vu tous les deux en petite tenue. Phil est bien en tout points.
Ha là là ! Toujours regarder l’assiette d’à côté !

Dimanche 20H00 : Phil partira huitième et Giorgio quatrième. Quelle pression ils se mettent tous. Mon p’ti poulet de péplum n’est pas en reste. Chaque fois trouver une petite faille à combler. Puis, y aller franco de port pour voir si cela fonctionne.
Lundi 13H55 : Les moteur vont bientôt rugir. La pression est au maximum. J’ai autant le trac que lui. Je trouve ces voitures très dangereuses. Ces roues et ces organes de suspension apparents tout comme la tête du pilote m’inspirent les craintes les plus gores.



Lundi 14H00 : ‘’La course est partie sur les chapeau de roue. Wilson semble en tête. Phil quant à lui perd une place.
Premier tour : Giorgio ne passe pas le premier tour ainsi qu’un autre concurrent. Phil pointe septième. Il semble s’accrocher au peloton de poursuivants. Wilson et Steiner sont en tête. Puis Dalmas, Preuls, Lestoffer, Capelli et Phil. Plus loin un autre peloton de huit voitures compact semble ne pas pouvoir rattraper celui de Phil. Et plus loin un troisième emmener par Van Doeren. Les accrochages éliminatoires se succèdent. Mais Phil reste en course. Mieux, la sortie de Preuls lui fait gagner une place.
Premier tiers : ‘’Phil est second après avoir passé Steiner. Une hécatombe envoie les concurrents aux stands. Les moins malchanceux repartent attardés. Mais c’est plus souvent pour abandonner ensuite.
Mi-course : Phil passe en tête après l’abandon de Wilson. J’en ai la chaire de poule. Je ne sais pas comment j’arrive à prendre des photos. En revenant vers les stands, j’aperçois la voiture de Carpini à cheval sur celle de l’Espagnol Pecroles depuis le premier tour à la sortie du virage de la gare.
Deux tiers de la course : ‘’Phil qui maintenait une avance de quatre à cinq secondes commence à baisser de rythme.’’
Trois tours de la fin : ‘’ Merde ! Phil perd la première place. Il doit avoir un problème. Putain ! Il roulait super bien. C’est Steiner qui remporte la course devant Phil et Van Texder, nouvel équipier de Jorg. Celui-ci a abandonné au Parc Beaumont au premier quart de la course, moteur cassé. Je me suis empressée de quitter l’endroit. Au cas où, il m’aurait reconnu. Je suis fier de mon poulet. En fait, ils ont tous eu des problèmes de surchauffe car des feuilles mortes venaient obstruer les radiateurs. Mon Poulet souvent dans le sillage d’un adversaire, fut un des moins touchés par le problème. Quant à Steiner, il était le seul à avoir des grillages sur les ouïes de refroidissement empêchant les feuilles d’y rester. On ne sait pas si on doit jubiler ou pleurer. Bon grâce à cette deuxième place, on pourra garder un peu d’argent des USA pour le gîte en Sarthe et les nuits d’hôtel à Imola. Après, ce sera Palm Beach. Notre domicile en fait, puisque Paul Leven nous laisse l’appartement de South Beach à Miami le temps de la saison de course. Si tout va bien, une victoire là bas nous sortirait d’affaire pour le deuxième tiers des sommes à devoir à l’équipe Fulgurante B.Teak Formula. Là, Phil me conduit chez mes parents. Ils vont faire connaissance avant de m’y laisser jusqu’à lundi matin. Il organise, armes à la main, une opération vidage de son appartement avec trois ou quatre personnes. Ensuite, je sais qu’il retrouve Inès. C’était prévu pour leur sorte de pèlerinage. Ils veulent se refaire le coup de la boum de l’athénée. Sans le coup de pompe de sa belle. Ensuite, ils vont s’escalader dans l’appartement de sa journaliste préférée….après une soupe à l’oignon ou un spaghetti à l’auberge de Thine. Bon ! Si c’est leur truc !?


Pau 16H00 : ‘’Je ne sais pas si je dois être content ou déçu. Un peu des deux. J’ai cependant effectué du bon boulot avec les ingé. Un pas de plus dans ma progression personnelle. La piste est géniale. Il a fallut s’y adapter. Tout va très vite. J’aurai aimé faire sa connaissance en F3. Mais bon ! J’ai vraiment procédé comme il fallait. Patience et méthode. Et finalement, sans problème particulier, on est au rendez vous. Je suis certain que la Galhaër est aussi bonne. Mais les circonstances ne me permettaient pas d’être au top pour une voiture dont la mise au point était bien plus ardue que la March. Celle-ci, construite en petite série, ayant à la base un set up prédéfini, permet d’avancer. J’ai cependant été surpris de voir à la place de mon nom celui de Clémence Larrier. Elle était pressentie pour piloter la voiture. Elle m’avait déjà piqué mes sponsors en fin de saison deux ans plus tôt. J’ai compris qu’en fait, c’était la sœur de la bandante et torride Chloé Kaoüter. Je comprends donc un peu pourquoi ma voiture était Violette, et tout et tout. En fait, ses premiers essais ne furent pas concluants. Normal ! Très physique, la F3000 demandait à ce niveau une expérience que n’avais pas Clémence. Je n’étais d’ailleurs pas certain, que mon expérience F3 soit suffisante. Clémence héritera donc d’un programme dans cette discipline inférieure. Mais sa popularité en Belgique est inversement proportionnelle à la mienne. Et nombreux sont ceux à être déçu que ce soit moi, le pilote ‘’aux mœurs et aux pratiques sportives douteuses ( ?)’’ qui prenne sa place. Empêchant de surcroît d’écrire une histoire plus glamour.

New York, Lundi 10 Mai :
‘’Mon petit Prince en chocolat fondant,
J’ai hâte d’enfin pouvoir te retrouver comme prévu samedi soir en quinze à la boum de l’Athénée. Je te promets d’avoir pour cette fois une forme Olympique.
Tes dernières lettres m’on fait énormément plaisir. Fais attention à toi lors du déménagement. Tout ça me fait peur. Je ne pourrai venir au Mans, prenant dès Mercredi l’avion pour New York. Promis j’essaie de voir pour des concerts où nous irions ensemble sur les states vers Novembre décembre. Je pense tout le temps à toi et………
……………..j’espère que tu ne m’en voudras pas.
Je t’aime ! Prends soin de toi.
Inès ta punaise


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Re: Les Inédits de Saga entre deux tomes

Message  Johan le Sam 1 Avr - 23:33

C'est vachement poussé et détaillé sans être barbant.

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Re: Les Inédits de Saga entre deux tomes

Message  philbaetz le Sam 1 Avr - 23:41

Merci Mr Johan! ça fait vachement plaisir! study
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Re: Les Inédits de Saga entre deux tomes

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